Mixatac #3 – Beyrouth

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Première série de créations musicales initiée par le festival Marsatac, Mixatac comprend jusqu’alors trois volumes, le dernier en date étant celui-ci qui voit l’inlassable Rodolphe Burger, ex-Kat Onoma, se frotter à la scène de Beyrouth, riche. Comme pour Nasser avec les intervenants d’Essaouira pour le tome 2, le rockeur distingué en revient avec huit titres de haute volée, musicaux à souhait et qui, outre le voyage qu’ils génèrent, mettent en avant le talent, conséquent, de ses compagnons de création.
Sur des bribes des titres de Kat Onoma, ou de Burger lui-même, la “clique” ainsi formée fusionne et mêle pureté acoustique et élans rugueux (Phobic), rock “européen” et dépaysement d’accents libanais délectables. Ceci après une amorce ou hip-hop acoustique et verve du strasbourgeois voisinent pour une copie impeccable (Bagdad). Le mélange des genres est évidemment de mise et dans ce cadre, il trouve un terrain d’expression propice, basé sous le signe du partage, parfois torturé dans son propos (les guitares de No one’s land, on comprendra la nature du discours musical à l’écoute des paroles narrées vindicatives mais retenues, que soulignent d’autres chants eux plus directement colériques, rappés ou plus conventionnels).
C’est beau, ça transporte et Reste, superbe, insuffle de l’espoir par son texte et sa trame posée, subtile, avant les grattes hendrixiennes de Birgham, pièce funky irrésistible dotée de l’acidité rock nécessaire.
En poursuivant l’exploration, d’autres merveilles s’offrent alors à nous, tel Mary, où la classe des titres les plus tranquilles de Kat Onoma refait surface, soulignée par une guitare une fois de plus bluesy belle et tourmentée. Puis le rageur et saccadé Varouj, au hip-hop révolté étoffé lui aussi par des grattes fines mais mordantes, fait à son tour merveille. Un chant ample et douloureux venant parfaire ce morceau à l’image des autres, donc excellent.
Youmna, enfin, concluant dans une ambiance apaisée et gentiment ombragée, entre chant à la Lou Reed et organe vocal plus “world”, un Mixatac #3 aussi bon et captivant que les deux autres sorties.