Great Mountain Fire – Canopy

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Great Mountain Fire est belge et, comme nombre de ses compatriotes, ne fait pas dans le conventionnel. Il le prouve sur ce premier album, un Canopy d’obédience electro-pop qui ratisse large (funk, afro-beat et kraut, à déceler au milieu de ce foutoir inspiré, et d’autres) et étale au grand jour des titres de très bon niveau.

On y trouve des chansons vives aux voix alliées (Crooked head, excellente introduction), euphorisantes, un tas de sons synthétiques astucieux, des brisures de rythmes et de l’allant, et des mélodies fines qui se voient portées par des basses en relief (If a kid, par exemple, puis Breakfast). On se laisse donc vite convaincre et gagner par l’enthousiasme, même quand les bruxellois se font moins vifs (It’s alright), se montrant toutefois moins intéressants sur Canopy, titre éponyme qui développe un thème sans réel aboutissement ni “décollage”.

L’erreur est rattrapée dans la foulée, avec Late lights et ses airs poppy doublés de nappes de claviers entêtantes, qui en font un mini-tube auquel on résiste difficilement. Chaque titre scintille d’ailleurs d’atouts décisifs, de petits détails primordiaux, et Cinderella confirme la bonne tenue et les débuts brillants du quintet, armé de guitares triturées. L’album évite de plus l’obstacle, gênant chez certains, d’une fin de disque moyenne puisque de Rrose sélavy et ses spirales de keyboards à Antiparos, progressif et doté d’une fin cadencée, l’intérêt persiste et n’incite nullement au décrochage. Preuve en est, un Swans plus psyché, dans la retenue, et A gipsy father qui, lui, impose une trame sombre et saccadée, ornée de sons subtils et d’un rythme funky diablement accrocheur.

Sortie remarquable, donc, que ce “debut album” haut en couleurs, varié et cohérent, qui imbrique les genres sans y perdre en impact ni en originalité.