Lafayette – Suzie white pills

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Second album (ne connaissant rien du premier, je me contenterai d’en reprendre les jugements positifs des médias) pour Lafayette, groupe de rock-soul authentique en filiation directe avec les 70’s et les Bellrays, galvanisé qu’il est par la présence de Nathalie Loriot et ses vocalises à la fois chaudes et puissantes.

Sur cet opus, donc, direct et feutré, suave et percutant, gorgé de soul pure ou incendiaire et riffant à souhait, Lafayette réussit l’examen de passage; celui, fatidique, du second album. Pour cela, il s’appuie sur une belle puissance de feu, mélodique mais entrainante (Smoke through my door en “apéritif”, excellent), un  peu plus convenue mais tout de même probante sur Of them in a gang puis tranchante, ouvertement tranchante, sur le parfait exercice soul-rock qu’est Beat searchers. Les chants de Nathalie et Jose the Wasteman s’alliant ici pur un résultat direct et brûlant, qui fait monter la tension d’un cran.

Il y a sur ce disque peu de déchet, et Suzie white pills, presque un standard, maintient le rock des parisiens dans le rouge, chauffé à blanc, avant que Plexibass et ses relents psyché, haut perché, ne renoue avec des penchants plus tranquilles mais non sans effets.

On en arrive alors à la seconde moitié et là, les bons gros riffs entre Datsuns et Bellrays de Roadworn, l’organe de Nathalie (on pense en certaines occasions, aussi, à Skin de Skunk Aanansie), encore, couplés à un rythme soutenu, font la différence. Lafayette, sans aucun doute, maitrise son sujet et instaure un univers équilibré, valorisé l’instant d’après par les volutes de claviers de Casablanca porn star, mélodieux mais entièrement probant et doté, comme beaucoup d’autres morceaux, d’un allant qu’on approuvera. On suit le groupe dans ses orientations fonceuses mais on en apprécie autant les qualités sur des plages plus modérées, telle Taste like ginger, dans la retenue, finement joué. Avant le rock plus tendu de Closer moon, aussi stylé, c’est récurrent sur l’opus, qu’insoumis.

Enfin, l’ambiance entre finesse et arrière-plan agité de Rick is here, quand bien même on aurait aimé, en conclusion, un brûlot débridé, conclut avec classe un disque qui réussit la gageure de ne jamais fléchir, et révèle plus nettement encore un groupe à suivre de toute évidence de près.