AnnaO – She was a princess

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Auteur-compositeur, plasticienne et interprète, AnnaO parait être faite de l’étoffe de celles qui, douées, réussissent dans toutes leurs entreprises.

Ici en tout cas et avec l’appui d’un Marc Collin déjà décisif avec Blackout Babies, qui joue du clavier pour la demoiselle à la voix sensuelle, celle-ci livre six titres doux-amers directement accrocheurs, entre chant et spoken word parfois sombre, doté d’une basse charnue et entrainante (l’excellent Gare de l’ouest).

D’emblée, elle plante un décor troublant et élégant, qui sur La bébéé princess (Introduction) et ses claviers sombres, son rythme lent, reste en tête et fait sur la durée la sève de six titres probant. Le recours à l’Anglais sur Just for the truth, magique, mêlé au Français et déployant une trame d’apparence douce mais aussi piquante, ornée avec soin et que le chant d’AnnaO enjolive, venant parfaire l’instant d’après le travail de l’artiste. Puis Je t’aime fait…qu’on l’aime, définitivement, et qu’on s’éprend de sa sensualité encanaillée, traduite ici par un rock soft, certes, mais encore une fois de caractère, minimal et pourtant intense. Il s’épaissit d’ailleurs sur 20h24 sans perdre de sa flamboyance pop et de son pouvoir de séduction dans le chant et passé le Gare de l’ouest décrit plus haut, c’est Ophélie, aux effluves bluesy de choix, qui conclut un disque estimable, porteur d’un genre que cette adepte du verbe adroit a d’ores et déjà fait sien. Et dont on s’entiche vite, attiré et envoûté par l’adéquation entre chant engageant, ornement de qualité et textes tout aussi pertinents. Et par le côté obscur, bien amené, retenu,de l’ensemble.