Quark – Le chemin de concombre

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Groupe noise parisien, qui en est apparemment à son second album (peu d’infos filtrent à son sujet), Quark démontre dans ce créneau une belle dextérité, manifestée par ce Chemin de concombre aux onze titres sauvages.Entre post-punk et noise, selon une trame vive et “wild” (An army of misuse) ou plus mélancolique et tout aussi accaparante (Bronze et ses grattes noisy), la formation menée par l’actif Dylan Bendall se met en évidence et fait aussi dans le saccadé urgent (The window man) avec le même bonheur. Les débuts sont donc de taille et on ne décrochera plus d’un ouvrage de plus varié, jamais réduit à un canevas immuable.

Ainsi, on passe par la suite d’un presque pop My bad plaything aux stridences de Off/on, grungy, dissonant, pour ensuite trouver ce Real killers prefer knives d’abord lancinant puis débridé. L’effet est constamment de taille, les morceaux sauvages ou à mi-chemin d’élans pop, si l’on peut dire, plus sereins, et de coups de boutoirs décisifs, et l’écoute de l’album constitue un vif plaisir. Les sons d’un Shipwrecks and broken necks alerte, ou encore l’allant du distordu et addictif We should be ashamed, nous confortent dans notre impression et confirment la valeur d’un groupe précieux, qui gagnerait à se mettre en avant et achève ici son parcours sur un essai presque classiquement pop-rock, aux touches folk de toute beauté, intitulé Become  man (become a fan).

Superbe pièce à dominante noise et noisy donc, mais jamais dénué de sensibilité, Le chemin de concombre dévoile un Quark au sommet de son art, qu’on espère voir sortir de l’ombre et, sans pour autant céder aux sirènes du showbiz -c’est loin d’être le style de la maison-, se vendre et se faire connaitre à une plus large frange de son potentiel public.