Unison, le duo montant de l’electro-cold/shoegaze…

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Après un premier album singulier, captivant, et des prestations live envoûtantes, questions à Mélanie et Julien “Unison“…


1.    Pour évoquer l’actualité « directe », que vous inspire cette sélection pour le Printemps de Bourges, en tant que découverte 2012?

Mélanie : C’est une vraie surprise. Disons que si notre équipe (notre super manageuse et super tourneur) ne nous avait pas fortement incités à postuler à cette sélection, je ne crois pas que nous aurions tenté la chose.

Surtout qu’après CQFD (des Inrocks) en 2009 et son système de vote du public (qui dans le fond n’a pour seule vertu que de faire de la pub pour le site en question) on s’était dit « plus jamais de tremplin ».
Et en fait ça a payé.

Julien : On est super contents. Nous aimerions vraiment jouer dans les festivals de ce genre.

L’intérêt principal est de faire croître le nombre de gens qui connaissent notre musique, mais surtout de jouer devant des gens qui ne sont pas forcément amateurs du genre. Prêcher des convertis c’est bien mais aller chercher les gens c’est encore mieux. En plus notre musique a une vraie force de persuasion, une intensité qui ne la limite pas à la simple consommation de loisir. Elle a pour vocation intrinsèque d’aller au contact, à la confrontation et au partage.

2.    Concernant l’ep de remixes prévu en avril et incluant de bien beaux noms, dont Cercueil ou Rainbow Arabia, comment le choix des intervenants s’est-il effectué? Qu’attendez-vous de cette sortie sur le plan de l’apport à Unison?

Mélanie : Ca se passe naturellement, via les réseaux sociaux, et parfois en rencontrant les gens dans la vraie vie (In Real Life comme disent les anglophones).
Le principe de remix nous plait vraiment beaucoup. On adore faire ça !
Et ici encore, il est question de confrontation, de partage et d’aller vers les autres.

Julien : Nous le faisons avec une vraie passion pour les groupes qu’on remixe.
Il n’est pas question de notoriété ou de viralité. On remixe parfois des groupes plus « petits » qu’Unison, parfois des plus « gros ». Ce sont de vrais coups de coeur.

3.    On vous situe, faute de mieux, entre Salem et My Bloody Valentine. Pour votre part, comment définiriez-vous ce que vous faites?

Mélanie : Oui ça nous va bien comme schématisation. Ce sont deux groupes qu’on adore !

Si on va plus dans le détail on parlera d’un tas de groupes des années 90 comme Sebadoh, Dinosaur JR, les premiers Mercury Rev…
Et aussi des trucs récents. Des tonnes de genres de musique différents.

Julien : Beaucoup de shoegaze (ancien et récent), des musiques électroniques, du vieux punk hardcore, du grindcore & death metal & black metal, du crunk & dirty south & chicago rap & juke etc…

Ce sont autant d’influences très différentes qui nous définissent. Mais ce qui nourrit le son d’Unison c’est avant tout la vie, nos expériences, le vécu, les désillusions, les peurs, la mort, l’amour, la haine, l’étrange etc…
Ce qui définit notre son c’est d’abord un bon gros mur de son qui vient se marier avec la douce et planante voix de Mélanie.

4.    Ne cherchez vous-pas, par ce louvoiement entre les genres, à définir un univers personnel, novateur, détaché de ses prétendues influences?

Evidemment. Ces influences n’ont pas beaucoup prise sur notre son finalement.
J’ai une idée bien précise de ce que doit être la musique d’Unison depuis pas mal d’années déjà.
C’est un long processus, avec un temps de maturation assez long et progressif.

5.    Pour en revenir à votre dernier album, l’éponyme Unison, comment a t-il été accueilli par le public et les médias? Que pensez-vous du résultat final, par rapport à ce que vous en attendiez initialement?

Il a vraiment été super bien accueilli.
Sur la toile, dans les magasines et par le public surtout.

C’est vraiment très plaisant quand beaucoup de gens comprennent l’intention et les émotions d’une oeuvre d’expression artistique et en plus se l’approprient, vivent avec. C’est assez fou de se dire que notre musique accompagne maintenant la vie de certaines personnes. L’amour que nous témoignent les gens sur internet et dans la vie nous fait vraiment beaucoup de bien.


©Die Frau

6.    Vous ouvrirez pour Mazzy Star en juin, au Sheperds Bush Empire de Londres. Superbe date en perspective non, vu la magnificence du groupe et la prestance de Hope Sandoval au chant? Mélanie, n’est-ce pas « intimidant » pour toi?

Mélanie : Nous sommes tous les trois très impatients d’être au 3 juin ! Nous sommes des fans de longue date de Mazzy Star donc faire leur première partie on ne réalise pas trop.
En plus à Londres, dans une superbe salle, c’est vraiment un rêve ! Et c’est déjà complet !

Donc oui on a un peu le trac, mais c’est plutôt l’excitation qui l’emporte.

Julien : Après ça on fera les premières parties de My Bloody Valentine et Slowdive (qui se reformeront spécialement pour l’occasion) et ensuite on pourra mourir en paix haha !
Ah non faut qu’on fasse la b.o. d’un David Lynch avant, pardon !

7.    Quelles sont jusqu’alors vos meilleures expériences live, en termes de vécu et de prestation scénique?

C’est très très dur de comparer les shows et les lieux. On ADORE la scène, on kifferait ne faire que ça, jusqu’à ce qu’on en crève. C’est une des raisons d’être d’Unison, le contact direct avec le public. Alors c’est compliqué de dire que telle date a été meilleure qu’une autre.

Oui, on peut bien sûr dire qu’on a adoré jouer dans des salles super réputées à Paris, alors qu’on vient du plus profond de la campagne française. Mais on adore aussi arriver dans des salles très différentes et installer notre univers, notre ambiance, notre émanation. Et il y a du bon aussi en province. Les gens sont plus chaleureux, plus attentionnés. Paris, c’est vraiment une grosse machine. On y perd un peu en humanité, en émotion vraie. Il y a du bon et du mauvais partout. Et on adore aller s’y frotter.

Concernant la prestation scénique, ça dépend. Quand on se sent bien sur scène (et c’est souvent le cas) on peut vraiment atteindre l’état de transe et tout se met à flotter, porté par une énergie unique et très intense. Pas mal de gens nous ont dit que notre show les avait touchés au plus profond, parfois jusqu’aux larmes.

En fait c’est un peu comme si on s’ouvrait le bide devant la foule. On fait notre musique avec nos tripes et c’est ce qu’on veut donner sur scène.

8.    D’où vous vient l’idée d’une imagerie à la fois presque « black metal » et infantile, entre autres sur l’album Unison?

L’imagerie black metal, on n’a eu aucun mal à se l’approprier car on l’honore bien mieux que certains groupes de black ou autres genres de métal bourrin qui sont (pour certains) des fils à papa poseurs en mal de sensations fortes.
Et l’enfance car la mélancolie est le moteur d’Unison, le spleen adolescent qui nous a contaminés pour la vie entière. Une forme d’énergie « abandonique ».

Tout cela symbolise assez bien l’aller-retour permanent entre l’obscurité morbide et la lumineuse espérance qui nous caractérisent. Unison est une dualité perpétuelle. Un équilibre précaire. Une bombe à retardement.

9.    Suite à vos dates et à ma sortie de vos remixes, quels sont vos projets?

La scène et encore la scène. Encore de nombreuses collaborations. Aller jouer aux US aussi, c’est en prévision.  On verra bien.

Nous de toute manière on a un besoin absolument vital de faire ce qu’on fait.

10.    Stylistiquement, creuserez-vous plus en avant encore, à l’avenir, le sillon de ce shoegaze « hybride »? A quoi peut-on s’attendre sur ce plan?

Absolument. On va pousser le truc encore plus loin. Amplifier les contrastes polaires.
Toujours de la mélodie mais dans un esprit un chouia plus radical.

Merci à vous pour cet entretien ! J

Mélanie et Julien
U N I S O N

http://weareunison.com