Le triomphe Stuck in the Sound à la Lune des Pirates…

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Après une première venue de haute volée, largement plébiscitée par le public local, en 2009 si je ne m’abuse, Stuck in the Sound, avec les picards de Main Square en ouverture, était de retour dans le quartier Saint Leu amienois. L’affiche avait fait le plein, les ventes allant bon train, et s’annonçait donc assez exceptionnelle. Ceci avec, en première partie, la possibilité d’une belle découverte.


Main Square

C’est en effet ce qui se produisit et si l’univers de Main Square exhale des références encore perceptibles, ses morceaux et sa générosité scénique plaident en sa faveur, du finaud Disturb in your playground, qui à sa subtilité adjoint un allant enthousiasmant, à You’re running away, sautillant, british dans l’esprit, porté par un chant stylé et des guitares bavardes, en passant par One million Vegas que son rock “folky” honore. Avec des zébrures noisy décisives et une maitrise déjà solide, voilà des Isariens estimables, auteurs d’un concert à la fois fin et alerte, qui marque des débuts plutôt prometteurs en dépit d’une reprise prévisible bien que réjouissante, du Seven nation army des White Stripes.

Prometteurs, José Reis Fontao et sa clique ne le sont plus, passés dans des sphères qui dépassent de loin ce statut. Trois albums de belle facture pesant positivement lourd dans leur besace, les parisiens, encore une fois rageurs, passionnés et remontés, déclenchant sans tarder la joie débordante d’un public dont les mains levées pouvaient presque en cette occasion, avec un effort d’imagination et en se laissant porter, tutoyer les astres.

Stuck In The Sound

Depuis ses débuts et tant sur scène que sur disque, ce groupe constitue l’assurance d’une intensité exceptionnelle, jouant un rock, notamment dans notre “Lune” qu’ils apprécient particulièrement, tendu et incisif, puissant, que de superbes mélodies viennent parfaire. Les titres forts tombent en cascade, José fait le show avec un naturel et une sympathie énorme et ses acolytes, dont un Emmanuel Barichasse aux riffs et plans qui doivent autant à Sonic Youth qu’aux formations pop les plus chatoyantes, avec une rythmique de fer assurée par la frappe infaillible François Ernie et le jeu d’un Arno Bordas tout en postures hargneuses et lignes massives, assurent tout autant. Le collectif ainsi créé enfantant des morceaux dont aucun ne prête le flan à la critique négative. L’hymne Toy boy et son riff saccadé produit toujours, bien entendu, un effet monstre, mais est désormais entouré d’une pléthore de chansons dont celles du petit dernier, un Pursuit mordant, passent sans encombre l’épreuve de la scène. C’est le cas par exemple de Brother, Bandruptcy ou encore Let’s go, pour faire court.

En y ajoutant les It’s friday, l’ouverture tenant en ce Zapruder toujours idéal pour introduire ce qui suit, l’inénarrable Ouais ou Shoot shoot, Don’t go Henry et j’en passe, on trouve de toute évidence de quoi atteindre le Nirvana, à coups de grattes caractérielles et de chant racé, sous l’effet d’un groupe au brio époustouflant. Et que le public, conquis, ne laissera partir qu’au bout de plusieurs rappels coup de poing, après un set incandescent marqué par la pertinence d’ensemble des “Stuck” et le charisme d’un leader plus en verve que jamais, à l’instar d’un groupe qui suit une voie royale et trouve logiquement partout où il se produit un public fourni en phase avec son irréprochable carnet de voyage.

Superbe concert donc, signé par un quatuor qui plus est reconnaissant et communicatif.

Photos William Dumont.