Dona confuse – Ghost healers’ fascinating box

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Nous avons dévié par l’Italie, revenons maintenant dans nos contrées françaises pour porter notre intérêt sur un jeune formation toulousaine coupable elle aussi d’un album de taille, et digne d’être rangée aux côtés des “sudistes” au talent énorme comme Mina May ou Hyphen Hyphen.

Dona Confuse, puisque c’est de lui qu’il s’agit, évolue dans des sphères psyché dignes des 70’s…et des plus grands, auxquelles il adjoint des séquences electro judicieuses (Here). La mixture est audacieuse mais abordable, souvent apaisée, parfois plus épaisse comme sur l’excellent 3200 ISO qui ouvre les festivités dans une ambiance à la fois céleste et bourrue, à l’aide de voix associées géniales et de guitares addictives.

Le groupe, déjà auteur d’un album qui les propulsa en finale des découvertes du Printemps de Bourges, fait dans le progressif et ne s’étend jamais au delà des limites acceptables, avançant avec maestria au travers de canevas brumeux et lumineux à la fois (Echoes from the fascinating box), évoquant en certaines occasions des Black Angels posés, dans leur versant le plus psyché qui soit. Le tempo est leste mais marquant, asséné, ou haché comme à l’occasion de Ordinary death, délicat dans le chant, “énergisé” par son rythme pourtant flemmard, et le climat créé générateur d’une addiction musicale durable.

Sur Ordinary life, après le Here évoqué plus haut, on plonge ainsi, ou on s’élève, plutôt, vers les cimes, porté par ce chant spatial et un ornement sobre et haut perché, le long format de Ghost healers, marqué par une pulsation electro récurrente et obsédante, nous amenant lui à une longue complainte electro-psyché qui m’évoque les Young Gods dans cette propension à mêler synthétique et organique, délicatesse et rudesse rock, le tout surplombé par une voix tordue du plus bel effet. Et l’instant d’après, White & hot nous emmène tout aussi haut mais selon un cheminement plus classique, songeur et mélancolique.

L’effet est saisissant, le résultat brillant et Blue baritone instaure ensuite une atmosphère troublée, dense, elle aussi prenante, la plus “dérangeante” et expérimentale du disque. Puis Farniente coffee, porteur de ces plages electro sublimes se heurtant à un chant caractéristique, impose à son tour son ambiance entre quiétude et agitation mesurée, adroitement et magistralement amenée, perturbée par des synthés froids. Laquelle consacre définitivement un groupe qu’on s’empressera d’ajouter à la liste, grandissante, des groupes encore “verts” et déjà hautement talentueux d’un pays dont la scène des Musiques Emergentes prend une belle ampleur, valorisée par ce type de disque unique et novateur. L’effort en présence étant hébergé, nul ne s’en étonnera, par l’indispensable Son du Maquis.