Wire – Red barked tree

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Dixième album studio et pas un signe d’essoufflement pour Colin Newman et Wire, une nouvelle fois au top, sur ce disque, et qui trouvent l’équilibre entre mélodies pop patinées (Please take) et morceaux débridés à l’énergie salvatrice (Two minutes). Des petits morceaux vifs et fonceurs, mais mélodieux (Now was) complètement le tout et les vétérans bottent une nouvelle fois les fesses des jeunôts post-punk, dont les productions, sans être mauvaises, s’inspirent largement, volontairement ou non, des géniteurs de 154 ou Pink Flag.

Même les titres aériens (Adapt) passent et Red barked tree, s’il peut paraitre décousu, parcourt avec cohérence le genre rock, de la pop à l’exprimental en passant par la new-wave et des plans à la vigueur punky revigorante. Clay démarre timidement pour ensuite montrer les crocs tout en affichant une superbe mélodique étonnante, Bad worn thing mêle electro discrète et new-wave guillerette pour un résultat aussi simple qu’accompli, et le savoir-faire du groupe lui permet de captiver sans en faire des tonnes, dans la continuité d’Object 47 et Send.

On aimera plus particulièrement les défouraillages sonores comme Moreover, le rythme et l’acidité pop de A flat tent, ses riffs réjouissants, mais c’est l’ensemble qu’il faut mettre en avant, entre Smash et sa voix sensible qu’étaye un ornement sonore nerveux, ou Down to this et son acoustique inattendue mais de belle facture, floue, à la limite d’un shoegaze gentiment dissonnant.

Red barked tree finissant sur une note également acoustique mais plus agitée, entre songe et vivacité, aux airs de folk déviant, il apparait comme une évidence que ce nouveau Wire mérite largement l’acquisition et nous montre que malgré un âge maintenant avancé, Newman, Grey et Lewis en ont encore dans le coffre et sont ici encore au top de leur forme.