Bear Claw – Refuse this gift

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Troisième album des Américains de Bear Claw, Refuse this gift, produit par Steve Albini, instaure une dynamique à prendre en compte, moins présente sur les derniers efforts du groupe. Son rock mordant, massif mais plein d’allant, se développe sur des formats courts qui lui permettent de rester entière. Et le résultat, ces dix titres compacts et sans faiblesses, est de toute évidence leur meilleure sortie à ce jour.

De Backbreaker, saccadé et bien modulé dans le chant, à Match made in hell et son rythme moins découpé, superbe, le trio pétarade et nous régale de ses pavés que les chants de Rich Fessler – Blue Bass, & Vocals, Scott Picco – Amber Drums & Vocals rendent attrayants en se complétant parfaitement, l’un dans un registre colérique, l’autre plus modéré.Les changements de ton (Cat & mouse) constituent un atout non négligeable et ne paraissent nullement forcés et passé l’interlude Gold, dispensable, Tug of war, entre Helmet, Soundgarden, Shellac et Fugazi à l’image de la plupart des autres morceaux, pour situer de façon approximative, impose lui aussi ses secousses rythmiques et ses basses (deux dans le groupe, ce qui lui assure une belle originalité et ce côté lourd, pesant, qui lui sied) proéminentes.

Le premier volet étant donc probant, A car horn is not a doorbell poursuit dans la même veine, avec la bonne idée, au milieu de ses moments pesants, d’adjoindre des accélérations bienvenues. Le procédé évite à Rob Raspolich – Black Bass et ses collègues de n’avoir recours qu’à cette option leste. Le tranchant des basses valorise ensuite Nomad, allégé par les déviances mélodiques dans la voix que des riffs secs malmènent ensuite pour un rendu une fois encore bien senti.

Une chanson posée, dans la retenue (33mg/dl), amène un second souffle à Refuse this gift, qu’on s’empressera, au contraire de ce à quoi son intitulé incite, d’accepter, d’autant que le tempo agité et aux sautes d’humeur appréciées, doté d’un groove remarquable impulsé par les quatre-cordes, de Fool’s gold (rien à voir avec les Stone Roses, est-il besoin de le préciser) se fait ensuite entendre et fait de ce nouvel opus une bon produit, puissant, cohérent et bien travaillé, qu’on écoute d’une traite. Et qui affirme la personnalité d’un groupe à la croisée d’influences qu’on approuve forcément, sans révolution extraordinaire mais dans la continuité d’un parcours en bonne voie.