Torso – Rien de nouveau (en quelque sorte)

0
1316
Originaire de Strasbourg, Torso existe depuis 2002, mais n’a trouvé sa forme définitive qu’en 2006, VinZ, le membre de départ, s’étant assuré les services et la complicité d’Alex O.

Après trois sorties déjà hautement qualitatives, le duo réalise avec ce Rien de Nouveau (en quelque sorte) son chef d’oeuvre, sinon son disque le plus accompli. Il y mêle chant en Français à la Diabologum/Programme, plans new-wave et zébrures cold, et mâtine le tout de joutes verbales de haute volée. Dès A quelques nanosecondes près, les claviers “so 80’s” et les effluves Curiennes des Alsaciens tapent dans le mille et ravivent une époque dont nous sommes nombreux à éprouver la nostalgie, en ayant le mérite de ne pas se cantonner à un style unique et tout en faisant preuve de personnalité. Des lignes de basse que Simon Gallup aurait approuvées épicent le tout, puis l’ambiance singulière de Torso ressurgit sur Mona et son refrain magnifique, seconde perle d’un album datant certes de 2009, mais dont il importait de parler en ces lignes afin d’en souligner la qualité.

C’est ensuite le “tube” des deux garçons, Je suce des piles au lithium, lui aussi très Cure dans le climat créé, basé sur une cold-wave enivrante et doté, tout comme le titre précédent, de paroles qu’on garde en tête un long moment, qui nous réjouit. Le rythme se fait frêle sur le superbe Ghorepani, plus clair, et l’instant d’après, l’ardeur rock impulsée par les guitares de Alex O., alliée à un chant mi Français-mi Allemand (évocateur des creillois de Clair Obscur), sur Dresseur d’animaux, ajoute au pouvoir de persuasion de cet opus sans mauvaises options.

Cette énergie, Torso en fait le fer de lance de Rien de nouveau, touffu et plutôt rapide, fort d’accords de guitare simples et décisifs. L’étayage cold demeure, mais le groupe en module la forme avec brio, lui donnant ainsi des atours à dominante acoustique sur La nostalgie des balles perdues, un brin plus poppy que le reste et qu’Adeline Isserel enjolive de sa voix mélodique.

Il nous reste alors deux titres à auditionner et Le vent se lève instaure un tempo à la fois appuyé et saccadé, et des chants à l’osmose incontestable. Le savoir-faire textuel des intervenants est surprenant, adjoint aux éléments musicaux bien imbriqués, et le mid-tempo à la vêture cold acide d’Autopsie 70 0 203 bis peut alors valider la fiabilité et les qualités, dont on approuverait la reconnaissance à une échelle plus élevée, de Torso et de ses sorties dont la teneur complète la palette cold hexagonale de manière probante, aux côtés des May et autres Object, ou encore Trouble Fait et le Brachko de l’indispensable Jérôme Avril.