Lilly Wood & the Prick – Invincible friends

0
1209
Duo composé à l’origine de Nili et Ben, à la complicité grandissante depuis leur rencontre par le biais d’amis communs et désormais appuyés par deux musiciens, Lilly Wood & the Prick a vite créé un ramdam conséquent à la sortie de ce Invincible friends, drainant de plus un public jeune; j’en veux pour preuve leur récent concert à la Lune des Pirates, à Amiens, suivi par une foule piaffante d’impatience et d’une moyenne d’âge très peu élevée.

Ceci incitant à la méfiance, c’est avec circonspection que j’ai abordé l’écoute de cet album, récemment enrichi de quatre titres bonus et ma foi fort bon, il faut le souligner. Si l’on pouvait craindre un phénomène de mode fade et éphémère, il n’en est rien et la qualité quasi constante des chansons -on note tout juste une baisse de régime négligeable sur la fin-, de même que leur diversité et le côté inclassable de l’opus, font de celui-ci un un tout largement appréciable qui, la plupart du temps, se situe bien au dessus de la moyenne requise. Les temps fort sont fréquents (Hey it’s ok en ouverture, où Nili dévoile une voix à la fois chaude, sensuelle et encanaillée, No no (kids) animé par une  basse rondelette et une énergie bienvenue, puis l’imparable Down the drain qui fait du premier tiers du disque une réussite entière et totale, avec ses synthés enjoués.

Dans le rayon folk, Lilly Wood réalise un bel essai sur Cover my face pour enchainer l’instant d’après sur Prayer in C, sensible et joliment orné, coupant joliment un flux pop-rock qui reprend ses droits à l’occasion de My best, rythmé, dont le refrain entrainant et facilement mémorisable contribue à le bonifier.

On aimerait que cette énergie perdure, mais elle se dilue ensuite quelque peu, bien que Water ran soit loin de l’inertie, sur Little Johnny que sauvent ses élans gospel, les secousses rythmiques bien vues et les claviers bavards de Hopeless kids maintenant un niveau élevé.

Sur la fin du disque originel, A time is near et Hymn to my invisible friend ne doivent leur salut qu’à une trame élégante, et souffrent de ce manque de vigueur inhérent à cette dernière partie. Mais Invincible friends contient assez de temps forts pour séduire, d’autant qu’on trouve dans les bonus de bonnes choses, à commencer par la version démo, plus minimale, de Down the drain, puis la reprise du titre de Santogold, L.E.S. artistes, qui complètent efficacement l’ouvrage du groupe. Puis Go slow réinstaure la folk vive dopée par la voix de Nili, secondée par Benjamin, This is a love song et ses plages bluesy élégantes mettant fin à ce bel album, défendu avec panache par le groupe dans les conditions du live.

Bon premier long format donc, à la hauteur de l’engouement qu’il a engendré, de la part d’un groupe qu’on sent cependant encore perfectible car doué, capable de se hisser plus haut encore en termes de qualité et d’identité personnelle.