The Beyonders – Huü dadark

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Espoir maintenant confirmé de la scène amienoise, les Beyonders avaient déjà marqué leur avancée, significative, sur le deux titres Backup/Optima wash system. Celui-ci les voyait délaisser, avec à-propos, le rock british qui était jusqu’alors le leur au profit d’un rock electro de bien belle facture, groovy et qui ne se départissait nullement de la force de frappe qu’on leur connait.

Ici, les troupes d’Antoine Agricola asseyent leur mainmise et leur maitrise sur ce registre, et passent à cinq titres, tous probants, assortis de deux remixes…du single mentionné plus haut, qu’ils confient à deux pointures régionales du genre.

Dès Curry culum (avec un tel C.V., Babak Taghavi et ses sbires mériteraient d’être filés au train par les labels), l’allant du groupe et son inventivité en termes de sonorités font la différence et le placent parmi les formations les plus intéressantes du créneau electro-rock. En outre, un motif de guitare plus qu’efficace, obsédant, pimente le tout et fait de ce titre une introduction de choix à l’univers des Beyonders. Le synthétique et l’organique sont parfaitement juxtaposés, le titre tubesque et les influences digérées et dès lors, on n’est guère surpris devoir les garçons signer un NB43 lui aussi de haute volée, qui plus est moins trépidant que la piste précédente, ce qui permet d’insuffler de la diversité à ce fringant maxi. Les envolées de clavier de Lucas Gros, la frappe limpide et précise de Mathieu Lavoisier viennent cimenter ce bel édifice, dont la cohérence s’affirme, et des breaks bien amenés font respirer la chanson, avant que la paire citée en ces lignes ne relance la machine avec brio.

Tout est bien en place, l’ingéniosité est de mise et sur le lancinant Proposal, avec ses « Will you marry me » qu’on ne peut s’empêcher de chantonner et son côté cold modéré, l’effet est aussi conséquent. Court et efficient, il laisse ensuite place à Vacuum, ou la dureté des guitares côtoie des synthés guillerets aux douces effluves 80’s, le chant de Babak, juste et attractif, se montrant lui aussi à la hauteur.

On se réjouit donc d’un contenu qui n’offre aucune faille, et la basse massive de Huü dadark lance ce dernier de délicieuse manière, épaulée par des claviers dont l’avènement au sein du groupe picard se justifie désormais amplement. Très club, dense…et dansant, ce morceau ferme avec superbe le chapitre « titres normaux », avant un Optima wash system remixé par les désormais très prisés The Name.

La paire formée par David Monet et Jocelyn Soler en fait une merveille electro à la fois cosmique et sonique, dotée de sa verve sonore habituelle et digne du duo dans son registre chanté, marquant, pour le coup, une collaboration aboutie, surprenante même lorsqu’on pense qu’il s’agit des débuts des Beyonders dans la réinterprétation de leurs morceaux.

De surcroît, le travail de The Name valorise d’autant plus ce morceau, déjà probant à l’origine, auquel il donne ici une véritable seconde vie. Jos se chargeant ensuite, et pour finir, de Backup, dont il livre une version mécanique et saccadée tout aussi digne d’intérêt que la précédente. Le talent des artistes impliqués est évident, l’ensemble séduisant au possible et difficile à « offenser » tant il s’avère inventif et réussi.

Et les Beyonders, maintenant armés d’un talent indéniable, peuvent désormais s’atteler à défendre c bel ouvrage sur les planches. Avec, dans une optique plus lointaine, la sortie d’un format plus étendu encore, qu’on imagine aussi bon que celui-ci.