EinZweiDreiVier ! – EinZweiDreiVier !

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Trio grenoblois, EinZweiDreiVier est né des cendres de deux formations estampillées HViV, Schwere Artillerie et  Monaco Monaco, et pratique depuis 2009 une sorte de new-wave trépidante passée à la moulinette post-punk ou electro-punk, dont il nous offre ici cinq déclinaisons convaincantes et, surtout, extrêmement originales.

Yan Four (percussion, synth, voice), Greg Four (synth, Voice), et Denis Moison (Bass, Guitars, voice) imposent même dès cette première sortie un style frais, loin de tout revival forcé, et nous entrainent dans leur entrelacs de sons et de rythmes sur le puissant Lound mouth, aux boucles de synthés aussi prenantes que celles de Curry and Coco, et qui juxtapose voix criées et chant plus conventionnel pour inaugurer le EP en présence sous les meilleurs auspices.

Le niveau demeure élevé avec You like my beat et ses airs pop-rock entrainants qui eux aussi alternent les voix mais à la façon, ici,  d’un Bewitched Hands, des claviers virevoltants amenant la touche décisive au morceau dont le contenu amène l’auditeur à penser qu’on se trouve là en présence d’un sacré bon groupe, issu qui plus est de Province, ce qui n’en est que plus réjouissant encore. Puis arrive Jealousy and death, à la force d’abord latente, retenue, qui s’intensifie ensuite de façon progressive sous l’effet de roulements de batterie et de nappes synthétiques bien pensées, obsédantes sans être envahissantes.

L’essai vaut bien évidemment le détour, et Rabbit cage vient l’instant d’après, avec sa dualité guitares/claviers et ses rythmes changeants et percutants à la Marvin, ainsi ses atours eighties délicieux, enfoncer le clou d’un rock mutant, qui à l’instar de celui de Pilöt fait un bien fou à notre scène.

Le cinquième et dernier morceau, Mirrors, tient lui en une jolie partition de violon, épaulée par un rythme sobre mais implacable et une voix sensible…avant que de brisques excès sonores ne se fassent entendre, l’ambiance générale s’en tenant à ce principe jusqu’à la dernière minute, qui repose sur un tempo soutenu et met fin avec brio à ce cinq titres détonnant, sans failles, qui affute d’ores et déjà notre impatience d’écouter le groupe sur un format plus conséquent, voire sur scène où on l’imagine parfaitement dans son élément.