The Pyramids – The Pyramids

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The Pyramids, c’est S. Windett (vocals/guitar) and Arp (drums), d’Archie Bronson Outfit, qui trouvent le temps de se retrouver en studio, et accouchent de cet album formidable, extension plus enflammée encore que les essais du génial trio. On y retrouve la voix singulière de Windett et ses giclées guitaristiques saturées, psyché en certains endroits (Pyramidy, ouverture grinçante et annonciatrice du contenu à suivre), délectables, son collègue y allant de sa frappe infaillible.

Dès A white disc of sun, l’intensité du duo ravage les neurones et ne laisse guère de répit aux auditeurs, gâtés par ce nouveau don, après les excellents Fur et Derdang derdang, et le novateur Coconut aussi, sorti à l’heure où j’écris ces lignes, d’A.B.O.
Des choeurs obsédants participent à ses morceaux belliqueux, Piblokoto et son rythme galopant assurant un début de disque de haut niveau, avant que Hunch your body, love somebody, court et acide, ne fasse de ce duo sauvage et instinctif un incontournable au même titre que leur formation d’origine. Le fonceur Festoons continuant dans cet esprit débridé, au son volontairement non dégrossi.

Arrive ensuite Guitar star, bref et  (trop) répétitif, pas forcément intéressant, que compense largement A gala in the harbour of your heart, tranchant et guerrier, guitares volubiles et batterie en rafales assurant une trame mémorable. Windett joue dans un registre rock psyché à la fois fin et massif, acide, et possède un style unique, atout essentiel de la paire dont la cohérence n’est pas à remettre en cause. En atteste, dans un premier temps, Empty yourself, aux intonations plus “folkloriques”, aux faux airs de chanson de pub irlandais, puis Manitou, haut perché, saccadé, qui rompt avec le registre généralement alerte et enfiévré du duo.

Glue you, dernier titre de cet opus éponyme, faisant dans la fulgurance sonore, l’urgence inspirée, et combinant donc à merveille psychédélisme sonique et rock “wild” pour notre plus grand bonheur. Avec, de surcroît, la sensation de tenir une oeuvre aussi inédite que celles d’Archie Bronson Outfit, éloignée des conventions, signée de musiciens n’ayant cure des réactions de l’entourage et dont l’inspiration n’est à aucun moment prise en défaut.