Lorn – Nothing else

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Nothing else, annonce cet album, de façon très nette, en lettres blanches sur fond noir. Tant mieux, a t-on envie de répondre en retour, tant l’opus frise l’insignifiance, cumulant les ambiances electro, parfois hip-hop, sans engendrer de temps fort ou de véritable originalité dans sa démarche. L’instrumental nuit, de plus, à l’ensemble, et suscite la lassitude, malgré quelques essais corrects comme Army of fear, assez cinématographique, ou le dub virevoltant de Automation. Et ce n’est qu’en fin de parcours que le chant aérien de What’s the use permet à Lorn d’obtenir un rendu consistant.

On regrette, de ce fait, l’absence d’une voix dont la texture aurait varié au fil des climats mis en place, et on constate que Lorn, en dépit d’évidents efforts pour diversifier ses trames, ne se montre guère inventif. Les férus du genre apprécieront peut-être, et les auditeurs ouverts mais appartenant au départ à une caste musicale différente passeront vite à autre chose.

En outre, ce que fait Lorn a déjà été pratiqué maintes et maintes fois et ne surprend plus; l’attrait de la nouveauté n’est donc pas de mise et les efforts de l’Américain sont vains et peu productifs, quand bien même la cohérence des atmosphères créées, leur complémentarité, est correcte.

Un Nothing else qui incite, donc, à passer à Something else, sans forcément “zapper” les productions à venir du bonhomme, dans l’espoir qu’elles seront marquées par une audace plus conséquente et une innovation plus palpable.