The Heavy – The house that dirt built

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Cet album d’un groupe sujet à un certain “buzz” lors de son apparition a lui aussi fait couler pas mal d’encre. Ceux qui me connaissent estiment déjà la méfiance que m’impose ce genre d’évènement, et la circonspection avec laquelle j’ai enfourné cette rondelle, après réception, dans ma platine.


Pourtant, à l’écoute des deux bombes introductives et après un titre d’ouverture en forme d’interlude, assez inutile, cette incertitude tombe à plat: Oh no! Not you again, bombe fusionnante courte et percutante, bénéficiant de l’intervention de Shingai Shoniwa (The Noisettes) s’impose comme un standard garage-soul, puis How do you like me now? , au funk torride et groovant bien au dessus de la moyenne, permettent en effet aux Anglais un début tonitruant, parfait et vigoureux, gorgé aussi de cet esprit soul bien distillé. Sixteen se montrant également très persuasif, dans un registre plus posé, soul encore mais plus mesuré, on se dit alors que de toute évidence, The Heavy n’a pas usurpé ce statut d’espoir plus que confirmé, semblant hâtif pour une formation ne signant là que son second album. Short change hero, mid-tempo offrant de nouveau ces élans soul-funky étonnamment justes, nous conforte dans cette pensée, puis arrive le morceau de nature à mettre tout le monde définitivement d’accord: No time et ses guitares solides, implacable, qui m’évoque 24-7 Spyz et offre des cuivres à la Fishbone parfaitement associés à cette trame fusion dure et consistante.


 


Allez, allons-y donc, puisqu’au final ce disque le vaut et pour mettre fin à mes doutes initiaux, et arrêtons-nous à chacun des titres offerts, comme Long way from home, fait de ce funk-rock teinté de soul que The Heavy domine complètement et qu’il enjolive par le biais d’un chant élégant, auquel succède un Cause for alarm…dont j’avoue détester le côté reggae trop affirmé, mais qui ralliera cette frange du public à la cause du groupe sans problèmes. Puis Love like that, à l’ancienne, d’époque, qui renoue de belle manière avec l’esprit soul d’antan, exécuté avec un feeling de taille, ou ce What do you want me to do? Zeppelinien, puissant mais jamais dénué de groove et de subtilité, qui permet un bon équilibre entre penchants “heavy” et plages plus soul-funk.


 


Et pour finir, Stuck, très sentimental, sans que cela ne dénote le moins du monde, qui clôt les débats, hauts en couleurs, avec classe,et m’apporte la preuve définitive de l’invalidité de mon interrrogation de départ; cet opus est excellent de bout en bout et n’admettra pas la critique, c’est dit, malgré un créneau musical daté, mais au sein duquel The Heavy parvient, c’est tout à son honneur, à surprendre et à tenir en haleine sur la longueur.