Whodunit – The thousand women’s revenge

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Après deux EP’s et un premier album intégralement probant, Whodunit, formation parisienne au rock’n’roll direct, trépidant et rendant hommage, avec justesse, à plusieurs figures de proue du mouvement, nous fait l’honneur d’un second effort au moins aussi abouti que le précédent.


 


Pour ce faire, c’est à nouveau l’expérimenté Lucas Trouble qui est sollicité et son non-moins fiable studio, le Kaiser studio, investi par la clique francilienne. Doté de cet atout, Whodunit nous met en boite seize titres, ni plus ni moins, dont aucun ne génère la moindre seconde de lassitude. Frontal mais réfléchi, ancré dans un passé prestigieux (les Cramps ou le Gun Club ne sont jamais éloignés) et arrivant dans le même temps à trouver sa place, et bien plus, dans la production rock actuelle, cet opus est en effet de ceux à l’effet durable et immédiat. Et à l’image des Plastic Invaders, leurs collègues de label auteurs eux aussi d’une oeuvre endiablée et méritoire, les franciliens nous refourguent un brûlot rock’n’roll de première catégorie, dont nul morceau ne peut être mis en avant plutôt qu’un autre. De Baby doll et son riff dynamite à un Don’t be afraid bien breaké, Whodunit torche un disque qui en plus de sa qualité, rapprochera “passéistes” issus des gloires passées et “jeunots” dopés au garage actuel, tant l’amalgame entre les deux est ici juste et bien ficelé. Les voix associées font merveille (Frankenstein) et quand le groupe fait dans le court (Take the bus), le résultat s’avère jouissif.


 


Ailleurs, un clavier joué par Lucas Trouble étaye efficacement le propos (Mrs Black’s murder party).Fait pour s’écouter d’une traite, gorgé de riffs mordants, The thousand women’s revenge constitue un tout, un vrai album de groupe, et régale autant sur ses formats réduits (Green starlight et une tripotée de morceaux autour) que sur…ceux, rares, qui outrepassent les deux minutes (The love song, plus massif et tout aussi bon, ou l’excellent Lost in lust au refrain instantanément mémorisable). Plus loin, Who’s who, à la fois saccadé et percutant, ou Bloody Mary, entre autres, enfoncent le clou d’un rock de caractère, exécuté avec fougue et maitrise par une formation qu’on sent homogène et débridée.


 


A l’arrivée, on se retrouve donc avec, entre les mains, un album explosif et remarquable, à écouter à volume élevé et sans modération, signé Whodunit et venant s’inviter à la longue liste des réussites résultant de groupes acoquinés avec Lucas Trouble.