A Second Of June – The inside laws

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Strasbourg, pour ceux qui se tiennent un tant soit peu au courant, nous a déjà permis de découvrir Crocodiles ou Toxic Kiss, ou encore Ventre, aux sorties toutes aussi probantes les unes que les autres.
A Second Of June vient maintenant s’inviter sur la liste de ces espoirs plus que doués, avec cet album aux huit titres chaleureusement, et intensément, pop. Cette pop, les alsaciens soufflent dessus le chaud et le froid, la magnifiant autant dans ses embardées mélodiques que lors d’écarts plus noisy, plus clairement rock, qui font appel à d’autres époques (on pense à un Joy Division quelque peu libéré de sa noirceur) tout en s’inscrivant dans une démarche résolument moderne.
Un titre comme “Dago bay” illustre bien cette démarche entre emprunts au passé, justes et magistralement réinvestis, et sonorités actuelles, et la formation trouve un équilibre exemplaire entre les deux en même temps qu’une identité qui lui permet le meilleur dans le rendu musical. Un morceau tel que “June the third” évoquerait même une new-wave complètement reliftée, tandis que des intonations cold se heurtent ça et là, au gré des chansons et des humeurs, de l’inspiration du groupe, à des élans pop incoercibles.
Cet opus fait partie de ceux dont l’écoute nous convainc d’emblée que la qualité existe par chez nous, qu’il est inutile d’aller la dégoter ailleurs; en atteste “Shy ink“, morceau ouvrant  les débats avec grâce et dans un esprit à la fois enjoué et allégorique.
Comme s’il cherchait à allier espoir, comportement positif et résignation, A Second of June met ses sentiments en musique avec superbe et avec une authenticité jamais démentie.
Des relents de The Cure première période (la basse, entre autres, de “HMGWY“) se font entendre et les entrelacs vocaux audibles sur ce titre portent cette chanson vers des sommets mélodiques, tout en confirmant la capacité du groupe à séduire sur la durée. C’est aussi le cas sur “Duplicity VS sincerity“, porté par une basse bien en relief, ou ce “Malka” alerte et orné de guitares délectables, épaulées par cette basse caractéristique et significative.
Enfin, c’est “What a time” et son rythme électro qui ferme la marche. Clair-obscur, ce titre évoque les bordelais d’Adam Kesher et n’aurait pas dépareillé sur l’album de ceux-ci, bien que sa genèse ne soit due, cela va sans dire, qu’au génie du groupe en présence.
Après Crocodiles et certains autres, donc, voilà un album en forme de grosse révélation, qui nous oblige à nous pencher à nouveau de façon approfondie sur le cas d’une scène alsacienne décidément prolifique.