The Wedding Soundtrack – Na Na Na Ro

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Après un premier disque (“Poland”) déjà plus que prometteur, les poitevins de The Wedding Soundtrack récidivent, et confirment allègrement, avec ce nouvel album abritant pas moins de quinze titres.
Creusant une formule singulière et qu’il a faite sienne, le trio aujourd’hui devenu quatuor se positionne à mi-chemin des superbes morceaux folk écrits par les artistes de chez Kütü Folk et des élans noisy chers à Deus. Partant de là, il opte soit pour l’une des deux options, soit pour l’autre (“Your hand“, entre autres, pour la première; “Diskofolk” et une tripotée d’autres pour la seconde) et se montre aussi convaincant, aussi crédible dans l’une ou l’autre formule. Ses éclairs rock, brefs et marquants, font de ce disque un must et confirment la bonne tenue d’une scène folk française que des gens comme les Coming Soon, et bien d’autres, contribuent à optimiser du point de vue de la qualité et de l’inventivité.
Ici, tous les morceaux sont incontournables et le côté “bricoleur” de The Wedding Soundtrack engendre de superbes choses, alliant le côté rustique d’un folk authentique à la rudesse rock avec une dextérité surprenante.
Ainsi, on peut partir d’une trame sereine, comme sur “All of sudden“, pour aboutir à une déchirure noisy jouissive et distordue, ou malmener les guitares sèches du folk sur l’intro de “Spoons“, pour s’arrêter ensuite à un enrobage folk d’une pureté absolue (“Enough“): le contenu reste cohérent et affiche de ce fait une diversité salvatrice dans le sens où elle permet au groupe de ne pas s’en tenir à un seul et même style; bien au contraire, celui-ci est investi de façon totale et paré des atours les plus élégants. Il a du Swell dans ce que fait The Wedding Soundtrack, bien qu’au final la démarche des Français leur appartienne entièrement, et l’album décrit ici se placera sans nul doute dans les pièces de choix hexagonales lorsqu’il s’agira de dresser le bilan des productions..euh…folk(?) de cette année 2009.
On se délecte des braillements de “Mauss” (Sebadoh n’est pas loin), ou du climat menaçant de “If you don’t mind” qui débouche d’ailleurs sur une envolée rageuse décisive, qui laisse ensuite place, de façon impromptue, à cette atmosphère tendue digne de Deus.
Puis arrive “Night of loveless knights“, enjolivé par un violon, plus massif et orné par les mêmes excès noisy que beaucoup d’autres plages, dont chacune justifierait son petit “topo”.
Comme “A song of despair/Hope“, annoncée comme étant la dernière chanson, constrastée dans ses humeurs…et qui se voit complétée d’un “bonus track” lui aussi marquant, basé sur des percussions assénées et doté d’un break judicieux, porteur de jolies sonorités.
Pour conclure, ce second long-jet des poitevins est une perle, et promet un “Wedding” à l’image de ce que beaucoup de ces mariages engendrent, c’est à dire marqué du sceau du tumulte et de l’agitation avec, ça et là, quelques moments d’apaisement.