Of Montreal – Hissing fauna, are you the destroyer?

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OF MONTREAL est un groupe qui se distingue sur plusieurs points: son côté prolifique (plus de 10 albums sortis, et ce à une cadence très régulière), sa qualité (aucun de ces disques ne saurait être qualifié de moyen ou de médiocre, loin de là), et l’habillage qu’il donne à sa pop gentiment rétro, en lui faisant traverser les genres et les époques avec cette maitrise que l’on ne peut reconnaitre qu’aux plus grands. Et enfin, des prestations scéniques dignes d’extra-terrestres (près de 3h de show, à l’occasion de la sortie de cet album, dans ma ville) au cours desquels le public, rincé et conquis, ressort heureux et éprouvé.
Ce disque ne dérogera donc pas à ma règle, tant il livre des morceaux foutraques et désordonnés, toujours superbement étoffés, aux mélodies hallucinnées terrassantes et aux atours musicaux divers et séduisants à l’extrême.
Glam (un “Suffer for fashion” de rêve en ouverture), punk (“The past is a grotesque animal“), pop historique (dans le sens où elle peut se faire psychédélique (le classieux “Sink the Seine“, “Cato as a pun”), rock, funk (“Gronlandic edit“), sans que ces styles soient distinctement utilisés. Ici, c’est le brassage qui prime et OF MONTREAL le met en oeuvre sans surdosage, avec une justesse confondante et pour un résultat au dessus de tout soupçon, la démarche appliquée étant comparable, dans l’esprit, à celle d’ANIMAL COLLECTIVE, autres doux-dingues aux productions passionnantes.
Bunny ain’t no kind fof rider” représente fort bien, entre autres, ce mixage des genres, qui devient méconnaissables une fois assemblés dans le cadre des titres audibles sur ce bijou. Puis “Faberge falls for Shuggie” instaure un climat funky teinté de jazz et d’accélérations rythmiques retenues, laissant ensuite le soin à “Labyrinthian pomp” d’imposer un climat basé lui aussi sur des sonorités funk, mais vêtues d’atours à la croisée de la pop, du psychédélisme et d’un bruitisme bridé.
Suite à cela, “She’s a rejector” fait dans le rock, en s’appuyant sur des riffs plutôt vigoureux et un rythme débridé. Et “We were born the mutants again with leafling“, disco-pop savoureuse, dotée de ces vocaux chaméléons d’un grand attrait, conclut magistralement un opus de très grande classe, exactement comme je les aime: inventifs alors même qu’ils recyclent des éléments connus mais dont l’assemblage parait pour le moins compliqué au départ, mais débouche sur une série de titres épatants et passionnants.
Splendide et captivant.