Animal Collective – Strawberry Jam

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Est-ce l’attrait de la “nouveauté sonore”? Est-ce du au fait que je suis en pleine période psyché?
Peu importe, l’essentiel est ce que l’album m’apporte. Et là, de ce point de vue, je m’avoue comblé au delà de ce que j’escomptais.
Déja friand de groupes décalés, je trouve un plaisir conséquent dans l’écoute de ce disque barré, comparable, dans un registre peut-être moins tribal tout en étant aussi fulgurant sur le plan des traitements sonores, à ce que peuvent faire les Liars.
Expérimental, psychédélique et génialement dingue, mélant sans se “vautrer” mélodies et horizons bien plus dérangés musicalement, cet album est un délice inclassable, à l’allure sereine mais truffé de motifs sonores inédits et proche d’un état nécessitant la camisole de force.
De cet état de démence souvent synonyme d’excellence, ANIMAL COLLECTIVE fait son fer de lance et l’atout principal de cet album. Le conjuguant à un sens mélodique et de composition  étonnant, il produit des titres spatiaux, qui rappellent les essais des groupes des 60’s ou 70’s tout en élaborant un univers qui est avant tout le sien.
Psychédélisme sobre (“#1“,”Chores“) et plus étoffé (“Peacebone” en ouverture), plus rythmé (“For Reverend Green“) se heurtent les uns aux autres et forment un tout cohérent, captivant et dont la répétition des gimmicks obsède l’auditeur et le pousse inexorablement à poursuivre et approfondir, et répéter, son écoute.
Sur “Fireworks“, une boucle électro et noisy charme et met en branle les sens, tandis que sur “Derek“, ce sont les percussions, et ce chant halluciné, qui ménent la danse. Une danse endiablée, menée au rythme des inspirations et des divagations de ces géniaux investigateurs et de cet album incomparable, parfaite traduction de l’état d’esprit et des capacités de ses créateurs.