Aaron, interview

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Par Amenina et Joseffeen

A l’occasion de leur tournée triomphale (dont deux dates affichant complet à l’Olympia les 20 et 24 novembre), nous avons rencontré Aaron au Vigean (rue Serge Mallet, 33320 Eysines) le 28 octobre 2007 et nous leur avons posé quelques questions avant leur concert.

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Muzzart: Vous avez fait pas mal de dates, qu’est-ce qui a changé depuis le début de la tournée?

Simon (Chanteur): Je pense qu’on est plus libre. Pour moi en tout cas, c’était la première fois que je chantais devant des gens et j’avais besoin de repères alors qu’aujourd’hui on essaie de faire les choses sur le moment, on cherche de nouvelles choses pendant les balances et on improvise peut-être un peu plus sur scène.

Muzzart: Et toi Olivier, tu avais donc déjà fait de la scène?

Olivier (pianiste): Oui, j’avais plusieurs groupes qui étaient plus rock et avec Aaron, je me suis remis au piano. Mais pour Simon, c’était sa toute première date en mars.

Simon: C’était très bizarre parce que pour ma première fois, j’ai commencé directement par une tournée complète. Tu as une pression énorme surtout quand tu sais que c’est complet et que tu ne veux pas décevoir les gens. Mais le plaisir que tu as sur scène en est d’autant plus exacerbé. J’ai eu beaucoup de chance de commencer dans d’aussi bonnes conditions.

Muzzart: Votre album a eu un énorme succès et est d’ailleurs déjà double disque d’or, est-ce que vous espériez toucher autant de monde avec votre premier disque?

Simon: Au départ, on a fait les choses assez égoïstement parce qu’on ressentait le besoin de faire de la musique. Le succès, ça a été le bonus.

Olivier: On ne pensait même  pas faire un album. ce n’est que quand on a eu une quinzaine de morceaux qu’on a commencé à envisager d’en faire un. On est les premiers surpris de tout ce qui se passe. Tout a été très très vite.

Simon: Le succès, c’est pas l’essentiel mais c’est super de savoir qu’il y a autant de gens qui nous écoutent.


Olivier et Simon

Muzzart: Est-ce que vous travaillez tous les deux sur la musique et sur les textes?

Olivier: Oui, on travaille ensemble. Parfois Simon arrive avec un couplet, avec un refrain ou un morceau complet et puis on construit quelque chose autour de ça mais il n’y a pas de règles prédéfinies. On aime bien aussi se lancer des défis parfois. Pour “Mister K” par exemple, on a décidé de prendre la guitare et de la faire en deux fois et c’est ce qu’on a fait.

Muzzart: Et dans quelles conditions avez-vous enregistré l’album?

Olivier: On l’a enregistré chez moi… enfin dans trois apparts différents, c’était une période un peu bizarre où je déménageais beaucoup. J’ai tout le matériel chez moi, ce qui nous a permis de tout faire nous-mêmes de A jusqu’à Z et d’être totalement libres. Personne n’a parasité notre projet.

Muzzart: En combien de temps vous l’avez enregistré?

Olivier: Si on compte uniquement les jours où on a travaillé, ça représente à peu près un mois et demi. On avait tous les deux des emplois du temps assez compliqués, on faisait un morceau et on ne se revoyait pas pendant trois mois et après on en refaisait quatre d’un seul coup… mais la base d’un morceau se faisait très rapidement, d’une façon assez instinctive, en une journée en moyenne. Après les arrangements prenaient plus de temps.

Muzzart: Aaron, c’est Artificial Animals Riding on Neverland (c’est aussi le titre de l’album), est-ce que vous pourriez nous définir votre Neverland?

Simon: C’est la terre de l’esprit. C’est ce que chacun porte en soi. Je pense que le cerveau humain, c’est la plus belle terre de Neverland, le berceau de l’imaginaire et c’est à chacun de le nourrir pour ne pas crever. On a ce pouvoir-là de se projeter dans un ailleurs qui n’est pas palpable.


Simon et Olivier sur scène au Vigean

Muzzart: On sait que vous aimez beaucoup le peintre Basquiat, y a-t-il d’autres artistes dont l’imaginaire vous a frappé?

Simon: Oui mais pas forcément l’imaginaire, la vision en tout cas comme la photographie de Anne Golding, d’Agatha, Boris Vian pour les écrivains, Paul Auster, dans les cinéastes, Kusturica…

Olivier: Michel Gondry… tous ces gens qui ont un univers très fort.

Simon: Tim Burton. C’est génial quand on nous propose quelque chose qui n’existait pas avant et surtout quand des gens créent un univers sur papier, pellicule ou bande musicale et qu’ils réussissent à t’y emmener, c’est magique en fait. C’est ça aussi le Neverland quand le cerveau n’a pas de limites.

Muzzart: Et dans la musique?

Simon: On ne sait jamais dit “on va faire ça ou ça” par contre Olivier a fait 10 ans de piano et j’ai fait 10 ans de violon donc on a une base de musique classique dans les oreilles depuis l’enfance.

Olivier: Après c’est un mélange, on écoute autant d’électro super pointu que de la musique classique, du hip hop hardcore ou du Leonard Cohen. Ce qui nous a le plus inspiré, c’était ce qu’on était en train de vivre quand on a composé les chansons. On avait une base au piano parce qu’on avait chacun un piano chez nous et on cherchait toujours à se rapprocher des paroles car c’est important pour nous que les deux soient fusionnelles. C’est pour ça qu’entre “Blow” et “Last Night Thoughts“, il n’y a pratiquement aucun rapport, le seul lien, c’est nous.


Muzzart: Vous travaillez sur de nouvelles chansons en ce moment?

Simon: Oui et d’ailleurs on devrait en faire sur scène d’ici la fin de la tournée.

Olivier: Et on fait des reprises aussi mais on garde les titres secrets pour l’instant.

Simon: Je suis en train de trouver des nouvelles façons d’écrire des chansons en partant de poèmes ou de bribes de phrases. Nous ce qui nous plaît, c’est d’essayer de créer sans pression.

Olivier: On va essayer de continuer dans le même sens en ajoutant tout ce qu’on a appris en faisant la tournée.


Simon sur scène au Vigean

Muzzart quizz:

Muzzart: Quelle est la définition d’une bonne chanson pour vous?

Simon: Une qui nous parle, qui nous touche au ventre directement comme par exemple “Cinnamon” de Nina Simone ou une chanson comme “Bohemian Rhapsody” de Queen, c’est une des chansons parfaites pour moi.

Olivier: Pour moi, une bonne chanson, c’est une chanson que tu arrives à siffler dans la rue mais c’est aussi une chanson qui te touche même si tu ne la retiens pas ou bien une chanson dans laquelle tu découvres de nouvelles choses à chaque fois que tu l’écoutes. Les chansons de Thom Yorke  dans Kid A
(Radiohead) me touchent beaucoup par exemple, celles de Leonard Cohen ou  celles de Björk qu’elle arrive d’ailleurs à déconstruire complètement sur scène. mais il y en a plein d’autres: TV on the radio, Antony and the Johnsons…
Muzzart: Quel est votre meilleur souvenir de tournée?

Simon: Le Paléo Festival était quelque chose d’assez grandiose parce qu’on a joué entre Arcade Fire et Björk.

Olivier: Ce jour-là, on s’est pris une claque et on s’est dit qu’on était content de faire de la scène parce qu’on y vit des choses qu’on ne vit nulle part ailleurs, c’est un échange très intense entre nous et le public. Au départ, Simon n’entendait même pas ses retours, on était devant 15000 personnes mais ça s’est super bien passé parce qu’il y avait une très grande énergie dans le public.

Muzzart: On a rencontré Cocoon il y a deux semaines à qui on a demandé de chanter leurs génériques des dessins animés préférés et ils vous ont mis au défi de faire mieux qu’eux…

Simon: Euh, attends, il faut que je me rappelle… Ah oui!
“Dragonball Z, Z, Z…”

Olivier: “Albator, Albator…”

Petit extrait de l’interview:

Le site officiel de Aaron
et leur page myspace

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Merci à Lara d’avoir organisé l’interview
Merci aussi à l’équipe du Vigean et à Allez les Filles


interview – Aaron (extrait)
envoyé par amenina2muzzart

Le site officiel de Aaron
et leur page myspace

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Merci à Lara d’avoir organisé l’interview
Merci aussi à l’équipe du Vigean et à Allez les Filles