Little Barrie, interview

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Par Amenina et Joseffeen

Version anglaise ici


Le 17 octobre 2007, nous avons rencontré le groupe Little Barrie juste avant leur concert au Krakatoa. Merci encore à Little Barrie, en espérant qu’ils se soient autant amusés que nous…

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Muzzart: Comment vous êtes-vous rencontrés et comment avez-vous commencé à travailler ensemble?

Barrie (chanteur): J’ai rencontré Lewis en premier, c’était avant l’arrivée de Billy dans le groupe. A l’époque, il travaillait dans un magasin de disques. Je venais de m’installer à Londres parce que j’avais fait une démo et j’allais sortir un single. Je formais un groupe et c’est à ce moment-là que j’ai rencontré Lewis. Je lui ai dit que nous cherchions un bassiste et il a dit qu’il pouvait jouer avec nous…


Lewis (bassiste): C’est ce que j’ai dit alors qu’en fait je jouais de la guitare quelques années plus tôt, j’ai juste emprunté la basse de quelqu’un et je suis allé à l’audition. Ensuite on a fait une tournée, un premier disque et puis un autre et ça fait…3/4 ans qu’on joue ensemble maintenant…?


Barrie: Oui, on a fait beaucoup de singles avant de sortir notre premier album. Quand on a commencé notre deuxième album, notre premier batteur a quitté le groupe, il ne voulait plus continuer. Plus ça devenait sérieux, plus nous avions de travail et je crois que c’était un peu dur pour lui.

(à Billy et Lewis) Vous vous connaissiez tous les deux, non?

Lewis: Oui, on se voyait en boite à Londres.

Billy (batteur): Dans des boites gay…(rires). Lewis était danseur, j’étais son manager…


Barrie : Et moi qui croyais que vous habitiez la même rue! (rires)

Non, quand Wayne, notre ancien batteur, est parti, je suis tombé sur Billy dans Camden. On a discuté de ce qu’on faisait et je lui ai dit que nous cherchions un batteur. Il est venu jouer en studio et ça s’est très bien passé.


Muzzart: Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de travailler sur le deuxième album, Stand your ground ?


Barrie: On n’avait pas vraiment de contrat quand on a enregistré le premier. Un ami nous a présenté Edwyn Collins, on avait envie de faire un single et il aimait beaucoup ce qu’on faisait. Il nous a dit “Vous voulez faire un album?” mais, comme on n’avait pas d’argent, il nous a laissé faire l’album et nous avons pu le rembourser plus tard. On avait tous un emploi à cette époque-là, alors on travaillait de façon beaucoup plus détendue: on allait en studio un jour par semaine quand on avait un jour de congé. On a eu beaucoup moins de temps pour le deuxième album. Notre batteur était parti et on n’avait que quelques mois pour l’enregistrer. On avait beaucoup plus de pression.

Billy, Barrie et Lewis

Muzzart: Comment avez-vous enregistré l’album?

Barrie: La situation était vraiment bizarre. On a d’abord passé deux semaines aux États Unis pour enregistrer l’album mais on n’avait pas terminé tout ce qu’on voulait faire alors on est rentré le finir en Angleterre. Russel Simins de Blues Explosion a joué avec nous quelques temps mais ensuite on a rencontré Billy et il a terminé l’album avec nous en Angleterre. Il a joué sur quatre titres, je crois. On voulait le faire correctement alors ça nous a pris un peu plus longtemps que prévu. Il a fallu retourner en studio, mais ça en valait la peine.


Muzzart: Vous avez collaboré avec des producteurs très connus, c’était comment de travailler avec eux?


Barrie: C’était différent. Je suppose qu’ Edwyn est lui aussi très célèbre mais comme c’est un ami qui nous avait présenté, c’était beaucoup plus détendu.


Lewis: On a pris contact avec Dan the Automator qui travaillait avec Blues Explosion qu’on aimait beaucoup et c’était l’occasion de voir ce qu’on pouvait tirer d’un travail avec quelqu’un comme lui.


Billy: Et moi, je vais le rencontrer demain!

Lewis: Oui, on joue avec Heavy Trash et The Bishops. J’attends ça avec impatience.. On s’est aussi retrouvé à travailler avec Mike Pelanconi, il n’est peut-être pas aussi célèbre que Dan mais il a beaucoup fait pour le disque, si ce n’est plus que Dan.


Muzzart: Comment composez-vous vos chansons?

Barrie: On pique des trucs à tout le monde….

Lewis: Je dirais que l’on se concentre surtout sur la musique. L’ensemble se construit par touches. C’est surtout Barrie qui écrit les paroles.

Barrie: Je ne pense pas qu’il existe une méthode universelle pour écrire. Certaines chansons s’imposent rapidement et facilement, d’autres nécessitent beaucoup de travail. Parfois, on sait sur quoi on veut écrire et parfois on se laisse juste aller à suivre le cours de ses idées (stream of consciousness). Il m’arrive de ne faire qu’appuyer sur ‘record’ et il m’arrive de passer beaucoup de temps à trouver les mots justes.


Muzzart: Par exemple dans ‘Love ya’, on a l’impression qu’à certains moments, au lieu de phrases, ce ne sont que des mots les uns à la suite des autres…


Barrie: Oui, il y a beaucoup de mots dans cette chanson et je la chante très vite… Je n’ai jamais vraiment appris à écrire des chansons, j’écris d’une manière assez instinctive, en fait.


Lewis: Quand on écoute certains disques de Bob Dylan aussi, ça peut sembler incompréhensible à la première écoute mais je suis sûr qu’il y a une signification cachée même si c’est inconscient et quelle qu’elle soit, on peut en tirer quelque chose.


Lewis et Billy

Muzzart: Votre musique est influencée par le rock des années 50 et 60, quelles sont vos principales influences?


Billy: ‘Best of the 50’s’, ‘Best of the 60’s’

Barrie: On n’a que deux albums…

Tony (tour manager): Les ‘surf songs’ des années 60…

Barrie: …achetées dans des stations services…

Lewis: Les albums qu’on y trouve sont fantastiques! (rires)

Non, sérieusement, quand on a fait notre premier album, on écoutait surtout des choses plutôt funk, soul et rock alors que maintenant, c’est un peu plus garage. On écoute de la musique tout le temps et on s’en inspire pour en faire quelque chose de différent selon ce qu’on a envie de faire à un moment donné. Notre prochain album sera lui aussi encore différent des autres.


Barrie: Je pense qu’à l’époque de notre premier album, nous aimions des choses comme Sly and the Family Stone, Lee Dorsey, The Meters, du blues et aussi des artistes comme Neil Young. Pour le deuxième album, c’était plutôt des choses comme Jim Vincent, Link Wray et nous ressortions de vieux albums que nous écoutions quand nous avions 15 ans. Et puis Lewis achète beaucoup de cds et amène tout le temps de nouvelles choses, c’est lui qui m’a fait découvrir The Cramps.


Lewis: Nous aimons aussi les Sonics mais je pense qu’ils n’ont pas eu une influence visible sur le premier album, peut-être une peu plus sur le second…


Muzzart: C’est la première fois que vous jouez à Bordeaux?


Barrie: Oui, c’est la première fois.

Lewis: Quelqu’un nous a dit que Bordeaux est une des meilleures villes en ce qui concerne le rock… Rennes et Bordeaux… Le concert à Rennes de la semaine dernière était super.


Muzzart: Vous avez déjà fait beaucoup de dates, quel est votre meilleur souvenir de tournée jusqu’à maintenant?


Billy: J’me souviens de rien!

Barrie: Certains festivals au Japon étaient super. Les gens sont si différents là-bas, si polis. Ils ne disent pas un mot avant que l’on rentre sur scène, comme s’ils étaient dans une galerie d’art puis quand on arrive, ils se mettent à crier, on joue une chanson, ils applaudissent, se taisent à nouveau et attendent la chanson suivante. C’est un peu bizarre au début mais les gens sont si gentils et c’est différent selon les pays de toute façon… Il nous est arrivé de trouver le public de certains pays d’Europe très calme et de nous dire ‘Ils nous détestent’ alors que non, pas du tout.


Lewis: Oui, le Japon, c’était bien. On a joué sur une plage à Tokyo, c’était super. On a fini la journée sur scène, on était les derniers à jouer, la foule était impressionnante.


Barrie: On est aussi allé en Australie et on a fait quelques concerts en Europe, quelques festivals très cool en France cet été. Pendant un des ces festivals, des gamins se sont retrouvés avec des bottes de paille dans le public et à la fin du concert, il y avait une vraie bataille de paille pendant qu’on jouait.


Lewis: Je regardais un gamin qui s’était jeté dans la foule, il a été jeté en l’air au dessus des gens et tout le monde s’est écarté. Nous nous sommes regardés en nous demandant si nous étions censés dire quelque chose comme ‘Eh, du calme!’. Et ce gamin, ou quelqu’un d’autre qui s’est retrouvé par terre, a trouvé la paille et s’est mis à la jeter. J’ai levé les yeux au milieu de la chanson et il y en avait partout.


Barrie: On en avait plein la bouche quand on chantait.

Muzzart: Vous aimez improviser sur scène?

Barrie: Ça nous arrive, ça dépend de…

Lewis: …du nombre de fausses notes qu’on fait…

Barrie: On ne fait jamais d’erreurs, c’est de l’improvisation… On fait des solos aussi… Ça dépend du public, si on a l’impression que ça va leur plaire, sinon on ne change pas la durée des chansons. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore fait de solos de 20 minutes…


Lewis: de 18,5 secondes seulement…

Barrie: Ouais, 19…


Barrie

Muzzart quizz:

Muzzart: La définition d’une bonne chanson, ça serait quoi pour vous?


Lewis: Je suppose que ça serait une chanson que j’aime vraiment beaucoup.

Barrie: Je suppose qu’il faut qu’elle vous fasse vibrer.

Billy: Je ne sais pas, je n’écoute pas de musique…

Muzzart: Ah oui…? Et moi qui voulais vous demander ce que vous écoutez en ce moment…


Lewis: Ben, en ce moment, c’est surtout le bruit du moteur du van…

Muzzart: Et ça vous inspire…?

Barrie: De moins en moins à force…
(aux autres) Sérieusement, qu’est-ce qu’on écoute?

Lewis: Il y a un groupe qui s’appelle les Flat Duo Jets que je me suis mis à écouter et Jesus and Mary Chain, ils sont super sur scène.


Billy: J’ai écouté Amnesiac de Radiohead hier soir…

Barrie: Le dernier concert que j’ai vu, c’était Prince, il est impressionnant sur scène.

Lewis: (aux autres) C’est quoi le denier cd que vous avez acheté?

Barrie: Un cd de Prince … et puis Sly et T-rex.

Lewis: Moi, c’est le dernier de Heavy Trash.

Billy: La dernière chose que j’ai acheté…? Make Up (ndlr: Maquillage) et Ham Sandwich (ndlr: Sandwich au jambon). Ils sont super! (rires)

Non, le nouveau Black Rebel Motorcycle Club.

Muzzart: Avec quels groupes aimeriez-vous jouer?

Lewis: Avec Heavy Trash … et on va le faire demain!

Barrie: Avec plein de groupes… J’aimerais jouer avec Ian Brown, le chanteur des Stone Roses, et plein de gens qui ne sont plus de ce monde…


Lewis: J’aimerais jouer avec les Sonics mais bon, c’est impossible. J’aimerais juste voir à quoi ressemblait un de leurs concerts.


Billy: J’aimerais jouer avec Slash des Guns’n’Roses. Je suis sûr qu’on serait excellent !


Muzzart: Une dernière question: vous pouvez nous chanter quelque chose en français?


Billy: “Je ne t’aime plus, mon amour…”

Tony: “Oùùùùù est la clé, s’il vous plaiiiit?”

Muzzart: C’est de quel groupe ça exactement???

Barrie: C’est rien, c’est juste notre ‘chanson de l’hôtel’ (Hotel Song).
    Euh… une chanson en français…?

Tony: “Frère Jacques”! “Frère Jacques, frère Jacques, Dormez vous? Dormez…”

Barrie: “…Just a Cornetto!” (ndlr: slogan d’une pub anglaise très connue, de toute évidence)


Billy: Toutes les chansons françaises que je connais sont chantées en anglais…

Tony: C’est quoi le titre de cette chanson rock très connue? (il fredonne)

Lewis: Je ne sais plus…

Muzzart: Ah! ‘Ça plane pour moi’…?

Tous en choeur: Oui, oui, c’est ça!

Muzzart: C’est votre dernier mot?

Barrie: Non, non! Et si on jouait cette chanson “Je t’aime” (il se met au piano)

Barrie se met à jouer “Je t’aime, moi non plus” de Gainsbourg. Petit extrait:



le myspace du groupe et leur site officiel

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Merci à Rémy et à l’équipe du Krakatoa


le myspace du groupe et leur site officiel

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Merci à Rémy et à l’équipe du Krakatoa