Crëvecoeur – #1

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Trio "naviguant" entre Nancy et Paris, d’abord formé de deux jeunes multi-intrumentistes auxquels est venue se joindre une violoniste, fort de premières parties de groupes tels que Karate ou encore Sophia, Crëvecoeur se situe dans un créneau difficile à définir, mais aussi et surtout générateur de superbes choses, ce que prouve ce premier album de toute beauté.

Après un single et un maxi-cd-r, on peut dire que le trio frappe déja un grand coup en nous offrant un savant mélange entre zik lorgnant vers le western, ambiances post-rock délicates et plages presque lo-fi. Le tout basé sur une instrumentation riche et variée, superbement mise en scène par ce trio qui surprend par son habileté à tisser une toile sonore épatante et sans cesse accrocheuse, tant par son extrême beauté que par l’émotion qu’elle dégage. En dix titres, Crëvecoeur se hisse vers des sommets musicaux que peu de groupes peuvent atteindre, tout en propsoant quelque chose d’unique.

Dès "Don’t forget  your hat" et son ambiance simultanément rétro et actuelle, décorée par des petits sons récurrents et qui étoffent joliment la trame sonore du morceau, on se retrouve happé par cette spirale émotionelle et vibrante, avant de se laisser charmer par la sérénité de "We leave the ranch" sérénité troublée de fort belle façon par une petite envolée à la saturation mesurée, avant que la guitare nerveuse et la trompette de "The gasman and me" ne nous fassent définitivement succomber, sur un air de musique de cirque endiablée irrésistible.

Et tout au long de cet album, la surprise et la magie sont de mise; tout est magnifique et envoûtant et surtout, rien n’est prévisible, et on ne peut que s’incliner devant tant de grâce et d’inventivité. Tel un Kusturica à la française, mais avec son identité propre, Crëvecoeur nous donne là une superbe leçon de musique et un voyage sans fin dans les recoins de la beauté, qu’elle soit musicale ou liée à l’âme.

En outre, avec le doux parfum jazzy "gentiment déglingué" apporté par la trompette, et le côté irrévérencieux amené par la guitare, le trio se dote d’un atout supplémentaire, s’il en était encore besoin, et signe une oeuvre majeure, ni plus ni moins.

Splendide.