Originaire de Vancouver, PISS mêle punk, poésie, collage sonore, art de la performance et arts visuels. Son premier album, ce you make me / skin on linen rageur, dépeint une enfance marquée par la violence structurelle, systémique et intime. Il se nourrit de vindicte, kai and friends l’amorce paré de voix d’enfants, touchantes, qui parlent de leur souhait de devenir. Puis les trouées noise de i wanted to be a singer, alliées à une voix furieuse et mutante, assènent leur contraste avec des notes claires. andrea I fait lui aussi du bruit, on dirait Kim Gordon greffée au…early Sonic Youth ! Passé ce morceau, PISS voit sa batterie courir et ses guitares mettre le feu. Les vocaux demeurent rageurs, en moins de deux minutes l’assaut punk-hardcore est donné. Le track a pour nom time loop at hot slit, il se suit d’un manon on the trial of gisèle pelicot surprenant, au format court, en dialogue explicite me semble t-il. a little girl’s horse craze betrays her prend le relais sur des abords pour le moins remontés, en pas même 60 secondes. toni, sur fond « VHS », revient à du narré sans parure. PISS à des choses à dire, il le fait avec identité et selon une ire assumée.
there was a door défonce la porte, PISS s’en tient là à du frontal noise en éruption totale. andrea II prolonge sa première version, le quatuor réussit aussi dans ses trames « épurées » mais que des sons brouillés décorent en arrière-plan. how can you act opposite to this emotion? déboite, impressionnantes sont les poussées de fièvre du groupe. blocking a scene you can’t remember débute sagement et porte une voix posée, le propos chez PISS est d’importance. La fin du titre impose une phase massive et plombée, passée au soufre. self-blame with thorn necklace and hummingbird, ensuite et en 48 sec’, fouette un fatras noisy de tous les diables. vikki s’inscrit dans la aveine des morceaux « racontés », j’ai perdu mon Anglais et j’aimerais le maîtriser comme du temps de la fac. Rote Zora. “Resistance is Possible.” Emma, no. 6, June 1984, pp. 39-41. balafre tout, les vocaux y passent du susurré à des élans colériques. you make me / skin on linen est assurément une belle dégelée, terminée par i keep trying to change the ending et son climat serein (quoique..), avant qu’il ne dégénère et poste un vacarme que la voix accompagne délicatement et qui retombe ensuite. Excellent.

©Grace Grignon
