Kabbel c’est Gregory Hoepffner, touche-à-tout aux projets multiples (Jean Jean, SURE., Juni, Ghoster, Time To Burn mais aussi Almeeva et G.H Francis en solo). When The War Is Over est son premier long format. Sous cette appellation, le bonhomme tance une électro-pop aux climats variés, nuageuse, dynamique parfois, alerte comme plus « figée ». Ou tout ça à la fois. The Blaming Game ouvre là le bal, filant puis haché, avant Fiction Clouds et ses boucles décisives. Son refrain, aussi, à reprendre. « Pop » sans rien concéder, When The War Is Over fourmille d’idées, bonnes et simples. R Chrome, au début, m’évoque les Youngs Gods des débuts. Pour ses sons, bien entendu. Il vire, ensuite, à du grandiloquent sans trop d’emphase. Reward (ft. Perturbator, excusez du peu…), dans la foulée, fait dans le saccadé sulfureux.

©Muriel Delepont
Kabbel, sans suivre les tracés, fait les choses à sa main. Afterlife (ft. Imer6ia) l’amène en terrain brumeux, délié, animé par le chant de l’invitée. Sur la seconde moitié de l’ouvrage No More XTC dépose son aérien sensible, le champ est en l’occurrence étendu et la personnalité de Kabbel enracinée. Il y a dans son rendu un je ne sais quoi de fascinant, de sombrement exaltant, qui retient le quidam. Elephant, de ses coups de boutoir, apporte puissance et emportement. Il revigore l’album, à sa suite You Don’t Matter offre des syncopes elles aussi agitées. Endless lui emboite le pas sur des airs à la Depeche Mode, dirai-je, spatiaux. Enfin le titre éponyme, vivace comme retenu, ne fait que confirmer mes dires et entériner, dans le même élan, l’identité Kabbel et la profondeur maîtrisée de son terrain de jeu.

