damaghead s’appuie sur un enthousiasme juvénile pour faire éclore, sur ce Lily Gaspacho qui est son premier LP° et fait suite à un EP, neuf chansons noisy, lo-fi, 90’s et de suite plaisantes. Miss Understood, frais et mélodieux, nerveux aussi, fait le premier ce qu’il faut pour sans délai, nous attraper à l’aide entre autres de ses « la-la-la » sertis de riffs secs. Orange Juice, à boire à plein godet, suit avec la rutilance d’un Breeders. De bruit en ritournelles on se laisse porter, Dishwasher fait dans le ténu à deux voix pour lui aussi, charmer au gré d’un déroulé lo-fi séduisant au possible. Feels Like Home de ses « ouh-ouh-ouhhh » flemmarde ensuite, façon Pavement, jusqu’à faire son effet. Quant à Daydream, au mitan du disque, il greffe le doux et l’amer, les notes à la Pixies, avec aplomb.
Todo va bene Béné, Liquorice Lips se saccade dans le vif. Lily Gaspacho est uni, cohérent, un brin impertinent. Il brise, de temps à autres, ses élans. A Billion Butterflies modère le sien, aérien il porte délicatesse et mélancolie, presque cold. Sa fin entre en éruption, crachotée. Sour dans son sillage file, crisse, revint au calme, étale de belles notes. Des coups de sang l’émaillent, pour un rendu à nouveau parfait. Enfin l’éponyme Lily Gazpacho, sonique comme indolent, en loopings de guitare jouissifs, parachève une enfilade probante, de nature à créditer damaghead pour ce qui constitue comme écrit plus haut son first long play.

@MATTLEPETITBONHOMME
