Interviewé ICI et par moi-même, Fervents impose sur ce disque sa ferveur. Dopé au live, mu par un besoin d’évasion car né lors du confinement, il explore la santé mentale, les addictions, les injustices sociales et les tensions qui traversent notre époque. Tout est donc réuni pour, sous tension, injecter le nectar salvateur. La première seringue délivre #1, sur batterie catapultée et guitares surexcitées, alors que le chant bavarde. Bien partie la galette filtre ensuite Broken Home et on s’y sent comme à la maison. Appuyé, franc et vindicatif, voilà un standard qui malgré sa puissance, n’omet pas la mélodie. L’énergie irrigue. Les corps, les esprits aussi. Personal Ghost enchaîne, en bourre-pif qui se fend d’un « interlude » noisy pour ensuite percuter derechef. Atomic Skies prend alors la suite, pas moins concluant, et Bullet Train légèrement plus « pop » (quoique…) l’imite.
Ca ramone sec et de surcroît, pas mal du tout. A Letter, de ce fait, s’assène. Hear It Fall fait de même, j’ai à ce moment le sentiment qu’un palier est franchi. Crossfire ne m’infirme pas, sa basse galope et ses mélodies urgent. Ca et là les guitares claquent un solo, sans démonstration aucune, efficient à souhait. Same Scars bruisse, on notera par ailleurs l’unité de l’album. Texas Tea, chargé d’y mettre fin, s’en acquitte dans une certaine forme de modération et cela ne l’empêche guère de percer, dans l’élan d’un Service For The Sick qui à aucun moment ne se fourvoie.

©Thomas de Hemptine
