Baptiste Leroy, à la tête de Difference et avant un 5 titres où post-punk et électronique se greffent, répond aux questions de Will Dum…
(Photo avatar: Léo Geoffrion)

©Joséphine Day
1. Salut Baptiste, de quoi est né Difference et est-ce un projet strictement solo ? As-tu eu d’autres expériences avant Difference ?
Hello ! Difference est un projet créé en 2023. Aux débuts, nous formions un duo, porté par un groupe sur scène. Pedro, avec qui j’ai créé Difference, s’est ensuite écarté du projet et j’ai décidé de reprendre celui-ci en mon nom. Ca m’a permis de recentrer la musique et la direction artistique autour de ce qui me plait, sans concession. Je me suis rapproché d’un univers New Wave qui m’a toujours inspiré.
J’ai eu pas mal de projets en groupe ou en duo étant plus jeune, et j’ai accompagné d’autres artistes sur scène pendant un temps. Ca ma permis de préciser ma vision et mes envies, de prendre goût à la scène aussi !
2. D’où vient, d’ailleurs, cette appellation ? Quelle signification a t-elle ?
A l’époque, on avait trouvé ce nom après avoir pris la décision de chanter en français. Le mot nous semblait beau, et se rattachait à des valeurs qui nous inspiraient. Aujourd’hui je le porte comme un mantra. Nos différences sont une force, et si on les assume, elles nous rendent plus forts. Aussi bien individuellement, que collectivement. Je suis maintenant guidé par cette envie de vivre ma musique différemment. Sortir du cadre, et toujours changer d’angle de vue.
3. Ton premier maxi va sortir, prévu ce 9 octobre. Quelle en a été la genèse ? Très porté -textuellement- sur l’humain, y crois-tu encore ?
Je souhaite sortir mes titres individuellement, chaque sortie permettant de créer un événement, une série de visuels et de dévoiler un chapitre de mon histoire. Et puis j’ai eu l’envie de regrouper les titres sortis ou à sortir cette année, sur un format physique, mais qui ne soit ni un EP ni album. Un vinyle sera donc bientôt disponible, et permettra de rendre ma sortie des plateformes de streaming plus tangible. J’écoute aussi beaucoup de vinyles, donc ça me tient à coeur de sortir ce projet de cette manière. Enfin, je développe tout un tas d’objets complémentaires autour de cette sortie, que ce soit des fanzines, des cartes de membres; ca me permet de revenir à un format plus palpable, plus humain.
Effectivement, les textes sont portés sur l’humain au sens large. J’ai été guidé ces derniers mois par une urgence de vivre et d’agir, j’ai eu envie de le retranscrire dans ces titres. J’ai essayé d’extraire des sujets personnels qui résonnent pour moi dans des contextes à plus grande échelle. Que ce soit par un appel à la tolérance, ou un encouragement à sortir de sa torpeur, de ses peurs. C’est autant de phrases que je me donne à moi même que des slogans pour les autres. Malgré les tensions auxquelles on fait toutes et tous face, je garde toujours espoir que l’avenir sera meilleur.
4. Quel est ton ressenti, quelles sont tes attentes, à l’aube de la sortie du maxi ?
Mon premier ressenti c’est de la fierté. D’avoir accompli ce chemin, et d’avoir fidèlement retranscrit mes idées et envies dans ces titres. J’ai aussi beaucoup d’appréhension et d’excitation, à l’idée de voir comment ces titres et ma vision seront reçus. Je souhaiterais évidement que ces titres touchent le plus grand nombre, mais je sais que le chemin est long ! Ce maxi représente un changement important dans mon chemin artistique, et j’aimerais qu’il puisse m’aider à me frayer une chemin sur la scène française !
5. Dans quelle mesure l’écrit et le son, soit ta création artistique, servent-ils ton espoir, ta foi en une humanité en chute presque libre ?
Comme je le disais plus haut, je suis toujours porté par l’espoir. Pour moi, le chaos fait partie intégrante de nos vies, et n’est pas une fin en soi. J’ai le sentiment d’avoir toujours vécu dans un monde empli de crises et de tensions. Donc ce sentiment de chute libre, même s’il est accru ces derniers temps, il m’est familier en quelque sorte. Ca ne me décourage pas pour faire le bien autour de moi, propager des messages encourageants. Mes chansons me permettent de partager cet esprit de résilience et d’espoir, aussi bien avec mes ami.e.s que des inconnu.e.s.. Le combat n’est pas terminé !

©Leo Geoffrion
6. Tu tentes visiblement d’imposer un cadre personnel, ça te tient à coeur ? Quel regard portes-tu sur la scène indé du pays, y décèles-tu justement des projets à teneur singulière ?
Je préfère dire que je propose une alternative, plutôt que d’imposer un cadre. Je ne veux pas du tout être moralisateur dans ma façon de voir les choses et dans ma manière d’agir. Si je fais les choses différemment, c’est que je peux le faire, et que ca fait sens pour moi. Si des personnes adhèrent à cette vision tant mieux !
Je suis très attaché à la scène indépendante. J’ai pu travailler avec des grands labels et des majors, et la multiplication des interlocuteurs, et des avis, détourne souvent l’envie de l’artiste ou le message initial. La scène indépendante est aussi plus éclectique ! J’ai été très tôt très inspiré par des projets comme celui des Psychotic Monks, qui ont vraiment une place à part dans la scène indépendante.
7. Espères-tu ainsi faire la « Difference » par le biais de ton projet, parvenir à proposer un rendu reconnaissable comme étant estampillé « Difference » ?
C’est tout le but effectivement ! En tout cas, c’est ce qui m’anime. Que ce soit par la démarche mais surtout par la musique, je souhaite créer un univers « à part », et reconnaissable rapidement.
8. Qu’as-tu prévu pour mettre le maxi en avant ?
Le maxi sera donc très bientôt disponible en vinyle, et j’accompagnerai la sortie par des concerts ! Je n’en dis pas trop pour le moment, mais tout sera annoncé sur mes réseaux sociaux, donc n’hésitez pas à me suivre !

Cover du maxi
