Composé de membres du duo de frère et sœur de synth-pop Citron Citron, d’anciens membres des magiciens de L’Eclair et de membres actuels des psych-poppers Magic & Naked, viragezero joue une dream pop aux contours multiples. Son album éponyme fait merveille, depuis le Balcon tout d’abord, dans un format jazzy-dreamy tranquillement chaloupé, doté d’un chant flottant. Rien ne vient, lui, fait presque dans le baggy. Mais de Genève. Ou encore le My Bloody Valentine, mais Helvète. D’emblée, je me prends au jeu. Le morceaux est entrainant, fort de gimmicks bien placés. Ticket Fantôme, de son côté, flirte avec la fantaisie d’un Happy Mondays mais le constat s’impose, clair et net; expérimenté, viragezero trace ses propres lignes. Ticket Fantôme est à la fois électro-pop, funky et délié, dansant et d’encens. Ex elf, à sa suite, se meut sans hâte, comme paresseux. Il n’en est pas moins attirant.

A l’occasion de deuxième volet Labyrinthe, aux ondulations un tantinet orientalisantes, rêvassant, s’illustre également. Larmes de Feu suit en déroulant lascivement, là aussi les sons dévient. Ses basses « fonkent », sa quiétude dépaysante fait son effet. Tracasse, après ça, voyage et flottant, confirme l’identité hors-cadre du projet. Il s’emballe soudain, et nous avec lui. On achèvera le parcours Dans les Ruines, porté par des sonorités évidemment « autres », d’un genre qui ne se définit que péniblement, à la fin d’un disque dont les effluves délectent.
