La Lune a mué, doublant sa capacité, doublant itou ses lieux de liesse. Nichée dans ce Saint Leu que j’exècre, dont l’histoire m’importe peu mais qui regorge de vie. Et de méfaits, mais qu’importe; courbaturé -le bad ça éprouve, surtout à la reprise-, j’ai rusé pour ne pas trop loin me garer et surtout, la soirée d’hier était bel et bien pour ma pomme. De l’indé insubordonné, tantôt provocateur et en pied de nez à notre époque si jugeant, y était prévu. Je ne fus point déçu; après le bienvenue d’Antoine je pénètre dans l’antre et muni du pass photo délivré tout contact -si ce n’est vocal- évité (c’est aussi ça l’ère en cours, même l’équipement éloigne les êtres) par la si aimable Joséphine, découvre un bel abri. En travailleur social actuellement « psychiatrisé » j’ai hâte d’entendre Astéréotypie, après avoir par exemple tiré profit des excellents Chooler’s Division en d’autres endroits. L’esprit est le même, camarades en situation de handicap et encadrants investis réalisent de concert -c’est le cas de le dire- un travail remarquable. Noise, textes loufoques et géniaux, électro perforée, post-punk bruyant et talent d’ IME (ça aussi j’ai connu…), communion avec un public acquis permettent un moment fort et je pèse mes mots. C’est le Patami total, le tsunami aussi, et les genres copulent. On surkiffe tous, si ça pouvait élargir l’esprit des plus obtus ça serait l’nirvana mais ça, c’est une autre paire de manches…


Astéréotypie
Allez tout ça c’est rien, la Lune elle au moins a saisi l’truc et c’est surtout pas Heavy Lungs qui de son garage-rock asséné, va faire retomber la pression. Son gig survolté, porté par un chanteur à l’énergie ébouriffante, impose à la Lune de sérieux coups de semonce. Furieux et direct, malgré ça talentueux car soucieux de construire de réelles compositions, Heavy Lungs fulgure. Au poing, comme Goldorak. Le premier rang se tort, on lui donnera pas tort. L’uppercut est significatif, on retrouvera le leader au sein de la foule et à même le sol agrippant même la gambette à carreaux de l’excellent Mario.D. Caviar, sorti chez FatCat et ça lui fait honneur, étoffe une prestation haut de gamme. D’ Iggy Pop en termes de sauvagerie à la sensualité presque féminine d’un Brett Anderson, on a face à nous un frontman en vue et un combo qui ramone sec. Et c’est pas fini mon bellot…mon poto conseiller à France Travail en atteste, Heavy Lungs a largement passé le cap du test.


Heavy Lungs
On tente alors de retomber, sauf que Bathing Suits se pointe sans même prévenir pour entre indus, électro/techno sous perfusion et ambiguïté sexuelle, servir une fin de cinglés. Le choc est sonore, stylistique aussi. Le spectacle est hors-norme, ah tiens justement l’un des membres d’ Astéréotypie portait un t-shirt « Normal people scare me« . C’est mon cas aussi. Bordel lundi je rebosse, les congés c’est désespérément éphémère. It doesn’t matter Will, Bathing Suits nourrit la canaille qui est en toi. Merci la Lune, de t’écarter au moins ce soir du tout-dicté. Bathing Suits tombe le jean, puis d’autres tissus. La scène permet almost tout, c’est bien pour ça que je l’aime tant. Bathing Suits revendique sa liberté, brise les chaines et tout comme Saïd dans le mythique La Haine, b++++ la castratrice bienséance. Au terme de cette première Lunaire je repars radieux, fourmis dans l’bidon et souriant béatement à qui l’acceptera, en marche rapide toutefois histoire d’éviter toute forme d’ennui nuptial…


Bathing Suits
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
