Produit par Rubin Steiner, le nouveau Sweat Like An Ape! croone et déflagre. Il inclut sept titres, le kraut presque à La Jungle de The Bridge pose une première banderille sacrément prenante. Ca mathe un peu aussi, mais vite fait, et le tout se singularise ostensiblement. Des syncopes terminent le track, fougueux et stellaire. Parfait et puis c’est tout. Shed of Skin, en deuxième position, urge et trace. Kraut encore, mais pas dans la norme. Le chant est typé, les guitares tissent à la SARAH W_PAPSUN. Des bourrasques noise tonnerrent le bazar. Excellent. Statues, plus bluesy, emprunte une autre voie. Une autre voix aussi. Le groupe n’a pas de carcan, il évolue librement. Le bruit n’est jamais loin, il côtoie le velours. Visions of Doreen, finement tribal, étoilé, psyché et nerveux autant que finaud, avantage lui aussi ses créateurs.
La nouvelle cuvée, vous l’aurez saisi, se tire au meilleur des futs. (Wish upon a) Movie Star dépayse, obsède de par sa répétition agitée. On ne peut le qualifier, encore moins le discréditer. Sweat Like An Ape! signe un retour gagnant, que Spin affuble d’un rock groovy. Post-punk, noise et kraut, vagues psych cinglées, ouate et coups de sang foutent un barouf jouissif. La folie du clan est un bel atout, elle sert ses créations et les élève bien haut. A l’heure où Doreen’s Song, de ses neuf minutes passées, sonne comme si Nick Cave croisait le fer avec le Hüsker Dü de Zen Arcade, ou un truc dans ce style-là, on aura posé ce Something In The Way We Spin en bonne et due place dans la hiérarchie indie de nos retentissantes contrées sonores.

©Ben Lapeyrie
