Troisième album et fume c’est du Belge!, les instrus jazz sous perf’ d’ Under The Reefs Orchestra font derechef mouche. Williwaw capture l’essence du trio, il surprend dès Banquise ft. Catherine Graindorge dont les cuivres titubent et le surf entraine. On twiste, par ici, avec classe et inventivité. On fait dans le bruit, aussi, avec tout autant de maestria. Foehn, rétro-surfy, prend la barre sans chavirer. Quoique…on sait bien qu’avec ces gars-là, le tout-tracé n’est pas de rigueur. On crée, à partir d’idées et de spontanéité. Williwaw, psych-jazz à mon sens, poste une belle dégelée. Il se pare de prog’, mais sans ennui au bout. Le style est unique, l’approche personnelle. Katarina, à la Morphine en son tout-début, offre fougue et beauté. Mêlées, bien sûr. Les genres se cognent, comme pur mieux copuler.
Mushrooms ft. Alejandra Borzyk, valse subtile, poursuit la défriche. En sa fin il s’emballe, porteur de lignes sinueuses. El Niño se saccade, surfe et tangue, griffe et virage. L’entreprise est osée, à l’opposé du timoré et c’est précisément pour ça qu’on élira l’opus. Seven Gummies ft. An Pierlé lui met fin dans un climat spatial, perché et de durée étirée, qui adjoint à ce Williwaw une portée psychotrope qui ne fait qu’en accroitre le très conséquent éclat.

©Nine Louvel
