Daniel Benyamin est berlinois, il s’escrime depuis 2020 à nous concoter une indie pop variée, relatée ici sur quatre faces aux thèmes bien distincts. Life/Loneliness/Space/Silence, soit tout un pan de vie que le musicien au parcours long comme le bras et émaillé de collaborations multiples décline pour le coup joliment. Sa patine pop-folk prévaut (The truth about lying, Should I care), ses mélodies frappent juste et les guitares donnent tantôt, alors que l’écoutant oscille entre diverses humeurs et tonalités. Holding hands flirte avec la finesse d’un Radiohead, Can’t get it out of my mind s’emporte sans perdre de sa reluisance. Le jeu est subtil. When loneliness hits you, au ressenti palpable, complète le panel avec aplomb. Et fragilité. Open your door to the light, dans la foulée, l’imite et impose à son tour son sentiment.
Les morceaux charmeurs se suivent, Lost in space nous égare dans les cieux avec délectation. Eyes keep drifting away tonne, par le biais de sa batterie. Music is my revenge, prétend l’Allemand au gré d’un titre spatial. On est preneur, ça va de soi(e). I can’t be quiet anymore, ensuite, réitère un ténu prenant. Today is not the day insinue l’un des tracks à venir et pourtant, on se surprend à s’y sentir bien. Quand A to B finit la partie, sans hâte ni cadence, immersif, l’envie de rejouer ce Life After Music sincère et peaufiné point et prédomine.

©Laura Strobel
