23ème (!) album d’une bande au talent fou, Alien Metal trace une électro de jusqu’au matin. Dansant, vif et indomptable, il étend si cela était encore possible le champ d’action des Australiens. Écrit et enregistré à l’aide du système de synthétiseurs modulaires que le groupe avait emporté sur la route l’an dernier pour ses « rave shows », il présente huit titres qui désarticulent le corps. La voix tantôt les traverse, transformée, transcendante (Kill For The Steel et son électro nuageuse). Sapience pulse le premier, fendant la nuit et se parant de sons déviants. Alien Metal, éponyme, suit en traficotant ses vocaux, à son tour, en impulsant une trame filante. L’opus est captivant. Superheavy, Supercritical, dépaysant, le rend plus voyageur encore. L’enrobage trépigne, et nous on opine. Du chef. Level 5, sur le second volet, percute. Ses ruades opèrent, là aussi les chants partent en vrille(s).

L’album est, vous l’aurez aisément saisi, d’excellence. Rapid Alpha Decay lui assigne sa spatialité, avant de se syncoper en mode psyché psychotrope. Délectable. Uqt l’est tout autant, de voix changeantes en rythme incoercible. Une fois de plus le rendu rallie, rallye aussi, et s’amuse à sortir du cadre. C’est dans ladite démarche, assurément, que King Gizzard & The Lizard Wizard flirte avec le zénith. Son ultime offrande a pour nom Atomic Collapse, au début on dirait les Young Gods. Enorme. On se fade une dernière fois une embardée fatale, urgente, bouillonnante, grésillant, nichée dans les cieux, qui dépose ce Alien Metal aux cimes de la production sonore insubordonnée.
