Derrière JAGUARE AFFAIR se niche le projet d’Édouard Choupay (chant, guitare, écriture), qui s’entoure de Charles Pierre (basse, claviers, production) et Jordan Gury (batterie, claviers). Leur registre est pop, in French dans le mot. Le groove plutôt délié attire, La Flemme se communique d’emblée et J’aime Pas se fera vite apprécier de par sa basse chaloupée, ses guitares cristallines et son texte désamour. Chanson de secours, de cette même étoffe détendue, n’en fait pas moins. Idées reçues, psych-pop guillerette aux abords jazzy, révèle une musicalité qui inonde l’opus dans son entièreté. Perdu lui fait suite en livrant, bien mises, des phases pépère. Belles notes et flemmardise cohabitent, surlignées par des écrits parlants. Je fuis nous retient lui aussi, atmosphérique, évocateur.
L’éclat pop découragé de JAGUARE AFFAIR a du chien, c’est le cas de le dire. Avec Les mots ne sont que des mots, à l’inertie efficiente, la quête se poursuit. On s’aime comme on se hait, au Moog discret, au mood maussade, la perpétue. Dénué d’énergie, ça pourrait irriter, Vol.1 séduit néanmoins de par sa quiétude. Comme retrouvée. Jane aime James en fait usage, c’est quoiqu’il en soit tout un climat, tout un esprit qui nous fera adhérer, à ce Lac Majeur par exemple qui lentement s’anime. Ou encore à Comment lui dire, joliment étayé. C’est sur Quitte moi que la série prend fin, électro-pop douce et bien ornée, à l’issue d’une galette en invitation au lâcher-prise.

