Chez Downtown Boys punk anthémique et indie rock rencontrent traditions latines, boîtes à rythmes, saxophone et nappes de synthétiseurs allant de la new-wave à l’industriel. Tout pour me plaire, et me voilà à visiter ce Public Luxury lancé par No Me Jodas et ses grondements noise sous accélérations punk au twist fou. La musicalité débridée du morceau l’avantage, avant The City Begins et sa cavalcade rock de bon aloi. Sirena, jazzy destroy, urgent et sauvage, étire encore le champ d’action de la clique. Le sax se met en exergue, libre comme l’air. Yellow Sun, retenu, mélodique, étale de beaux airs. Le panel est étendu, sans norme ni contraintes. Viva La Rosa lui refile des abords offensifs, entre vitesse grand V et lustre de l’instrumentation. Dans son élan Enemy Without, punk et furieux, trace colériquement. Au mitan de l’opus la messe est déjà dite, sous couvert de créativité sauvageonne.
En ce sens You’re a Ghost, saccadé, truffé de mouvances imbriquées, attire sans coup férir. Albuterol, après ça, impose ses ritournelles qu’un jeu vif emporte. Il alterne, entre guitares à la Pixies et énergie juteuse. Mi Concha, pas moins versatile, fait de DOWNTOWN BOYS une entité sonore non identifiée plus que précieuse. Public Works immédiatement après file et défile, zébré par un jeu taré. Ses encarts apaisés le font reluire, on reste bien entendu dans un patchwork étourdissant au sein duquel le saxo derechef émerveille. Ca va de soi. A l’heure d’en finir Public Luxury, subtil, offre deux minutes psyché qui s’enhardissent légèrement en leur fin, digne terminaison d’une série qu’on n’a sûrement pas fini de parcourir et réinvestir.

