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    Chroniques

    Lal Tuna « Don’t Forget Me » (The Velvet Bride/Nothing Is Mine Records/Modulor, 5 juin 2026)

    Will DumWill Dum05/06/2026
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    Depuis tout juste un an, après avoir fui Istanbul à seulement 18 ans, Lal Tuna s’escrime dans la scène bordelaise et étudie aux Beaux Arts. Depuis son apparentement même, elle écrit et compose sa musique, nous offrant ce jour un Don’t Forget Me qu’on n’oubliera pas. Il débute avec Television Forever, aérien mais légèrement noisy, où la voix de la Dame charme comme celle d’une Hope Sandoval. La fin s’obscurcit, en contrepoint avec les vocaux rêveurs. Clarté diaphane et moments de trouble sonique s’allient. L’amorce parfaite, l’attraction immédiate. Don’t Forget Me, également (faussement) délié, suit alors. Mélodique mais appuyé, il s’emphase joliment. Là aussi la voix, merveilleuse, s’illustre. Shame, pop-rock frontale et aiguisée, dynamise le tout. Au bot de trois morceaux, d’ores et déjà, on accorde à la néo-Aquitaine toutes nos préférences. 90’s et soigné, le rendu convainc. The King, « goth-shoegaze », impose sa spatialité « salie ». On adore. Afternoon Tram, folky d’abord, dénudé, s’anime sous sa batterie. Et ses notes lo-fi séduisantes qui virent à l’orage. A chaque titre, Lal Tuna trouve le bon ton.

    En ce sens Carry You On, country alerte, la maintient sur les bons rails. Ceux des grands espaces. Hugo Carmouze, au mix et au mastering, est de la partie. C’est tant mieux. La base est jouée, tantôt, par Alice Zapata. Carry You On se cuivre, plus que bon. L’artwork est signé Lal Tuna et Lili Kerboul. Forever… Whatever, au piano sobre, calme le jeu dans une fragilité touchante. Et rêvassant. Car Crashes et ses tons folk suivent, sans hâte et avec éclat. Don’t Forget Me rutile, jamais futile. home is not far away, finement incrusté, poste là sa lo-fi des cieux. Lal Tuna a tout à la fois goût, talent et prestance. Anthony Fantano, noisy-pop millésimée, s’en fait la preuve. Des guitares à la Yuck le saupoudrent. Enfin Thank You For Everything, au déroulé peinard, « secoué » par sa batterie, s’en vient finir dans un format « slow goth » lui aussi accompli, superbe, une galette de tout premier ordre. Ne l’oublions donc (surtout) pas…

    Don't Forget Me Lal Tuna Modulor Nothing Is Mine Records The Velvet Bride
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