Ridlaa fait du hip-hop, mais pas que. Il le cuivre joliment, le fleurant d’accents jazzy de choix. Son débit est nourri, typé. De Birmingham à Leicester le gaillard œuvre, ici West World (Intro) et ses voix « de ciné » ouvre brièvement mais déjà, crée un climat. L’impression est validée par Mustang (Pt.2), aussi jazzy que volubile, plutôt tranquille au final. Et qui nous gagne. Après avoir contribué à Billion O’Clock, Solium et ses projets tel Atramentum Soli, Ridlaa est pour le coup au centre des débats. Ca lui réussit, la clarté déliée de Mountains venant solidifier sa création. Electric Dreams fait un peu de même, aérien. Sans arsenal excessif, avec sobriété, Ridlaa fait mouche. Reality Bites, et j’approuve son intitulé, use lui aussi de ce détendu décisif. Le décor est musical, ce qui accroit en toute logique la portée de l’opus.

Sur la deuxième moitié Twilight, saccadé, de motifs joueurs, complète l’objet sans faiblir. Nine Lives s’étoffe pareillement, selon un canevas plus syncopé. Green Tapes And Space Cakes s’enchaine comme à la parade, un VHS (Press Play) dans le ton lui permet de tenir le cap. Episodes, brumeux, se pare de sons flous. La méthode est efficiente, dans l’élan Serious déploie ce jazz-rap peaufiné qui met la cassette (et oui) en relief. A l’heure où en Français/Anglais Sea Shells, folk/hip-hop de marque, ferme la marche, on tient entre nos mains un album sans failles ni surcharge dommageable.
