Toujours impactant, doté d’un single à la hauteur de sa réputation, No One Is Innocent Répond aux questions de Will Dum…

No One au Festival R4 (Revelles-80)
1. Comment se porte NO ONE, après tout de même plus de 30 ans d’existence? Quel regard portez-vous sur ce long chemin parcouru ?
C’est l’histoire d’un groupe qui a voulu utiliser la musique pour dire ce qu’il pensait de notre société et du monde qui l’entoure . Après plus de 30 ans de combat rock, No One n’a rien perdu de sa superbe. Peut-être parce que les morceaux qu’on a écrits continuent de résonner dans l’époque, et que les prestations live sont toujours à la hauteur .
2. J’ai le sentiment, pour vous avoir vus live à la Manufacture de Saint Quentin, en mars 2025, que la rage et l’énergie sont intactes, voire décuplées ! Qu’en pensez-vous ? Même mon frère, qui ne vous avait jamais vu jusqu’alors, a été transporté !
A chaque fois que No One monte sur scène, c’est avec l’idée que ça pourrait être le dernier concert. C’est pour ça que les lives sont intenses. Entre ce qui est chanté et joué, il y a toujours une interaction qui se produit. Le public qui vient nous voir est le 6éme membre du groupe. Il s’en dégage de l’inattendu, de l’imprévu , des accidents qui font que les concerts sont uniques .
3. Votre tout dernier single, Folamour, transpire d’ailleurs la colère, la Colères dirai-je même. Peut-on s’attendre à une suite connaissant votre soif de jouer, d’enregistrer et de délivrer du calibré ?
Non. Nous avons annoncé que le Best of Colères était le dernier album du groupe. Nous avons choisi, maintenant, de ne sortir que des singles. L’arrière boutique du mal, Ils marchent, Folamour sont arrivés parce que nous aimons nous retrouver de temps en temps pour composer, mais avec l’idée d’être très exigeants sur ce que nous produisons .
Pour Folamour, notre dernier morceau, nous avions commencé à travailler un titre qui sentait l’urgence, et la thématique du couple infernal Trump/Poutine s’est imposée. Pour un groupe comme No One, ne pas écrire un titre sur ces 2 Frankenstein aurait été une faute professionnelle .
4. Ce single s’attaque aux politiques véreux, ce qui me ramène à votre ep 4 titres sorti avec les rappeurs de EJM et Timide Et Sans Complexe, en 1995. Quel souvenir en gardez-vous ? Considérez-vous ce disque comme une pierre angulaire de la fusion de deux mondes musicaux où finalement, Colère(s) (on y revient sans cesse) et préoccupations sont un peu de même teneur ?
Très bons souvenirs que ce EP avec cette bande de rappeurs !! C’était l’époque du Judgement Night américain !! En sortant de notre zone de confort, on s’était dit que ça pouvait donner quelque chose de différent et de surprenant. Ce qui nous beaucoup rapprochés, c’était cette envie d’évoquer les mêmes thèmes…
Et puis c’était cool de ne plus être seul au chant. A plusieurs on est toujours plus forts ! De plus, musicalement, les rappeurs kiffaient qu’on envoie du gros son !
5. Comment se passe la tournée en cours, y avez-vous d’ores et déjà vécu des temps forts ? Y’a t-il toujours autant de Kids pour assister à vos prestations ? 🙂
La dernière grande tournée du groupe est un régal !!! Il y a les anciens, mais aussi celles et ceux qui nous ont découverts depuis quelques années. On aime notre public. Il nous donne l’énergie d’aller au bout de nos limites. Et oui, il y a aussi des kids qui montent sur scène !!! On rencontre beaucoup de fans qui sont venus nous voir plusieurs fois.
On est surpris, parfois, de se retrouver dans des festivals populaires ou le public n’est pas forcément trés « rock énervé ». Mais la sauce prend comme même, parce que la Colère de No one est contagieuse. On a décidé de prolonger le plaisir jusqu’à fin 2027, avec un dernier concert dans notre jardin parisien à la Cigale, en octobre 2027.

No One@le Murmure du Son (Eu-76)
6. L’intergénérationnel, je suppose, est de mise lors de vos lives ?
Oui, le bon usage de la Colère touche toutes les générations !
7. Je vous ai vus pour ma part 5 fois je crois : à Amiens (80) en 1997, à Longueau (80) au mitan des années 2000 je crois, au Murmure du Son à Eu (76) en 2019, au R4 à Revelles (80) en 2018 et la dernière à Saint Quentin, donc, dans le 02, en 2025. A chaque live, j’ai perçu l’identité NO ONE renouvelée et reçu l’uppercut attendu. Quelle est, d’après vous, les élements qui vous permettent de rester aussi impactants au fil du temps ?
Ne pas tricher, rester authentique, rire ensemble, croire en ce que l’on joue et avoir toujours ce même plaisir à monter sur scène ensemble. Entre nous, c’est une alchimie réellement particulière.
Notre équipe technique a aussi un rôle vachement important. Ils sont heureux avec nous et nous le renvoient à chaque date. On leur doit beaucoup.
8. Kemar, tu m’avais appelé pour me remercier de ma chronique de Colères (décidément…!), j’en ai été très flatté ! Quel crédit accordez-vous aux retours presse, webzines etc… ?
Oui c’est vrai, je t’avais remercié pour ta chronique. Je suis sensible à lire un journaliste qui a du verbe, et qui a compris le sens des textes et la musique de No One.

No One@la Manufacture (Saint-Quentin-02)
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…

