Sauvageonness c’est sauvageon, ça fait pas mal de bruit et ça nous fait au final du bien. La « doom industrial dream pop » du projet emprunte diverses voies, sur quatorze plages formant un opus impeccable. Le début a pour nom RD E|A, il incante dans le massif éthéré. L’effet, déjà, opère. Tell me, rafale noisy sur chant sucré, m’évoque Jessica 93. En tout aussi bien. Le shoegaze s’invite, Mary se place pour sa part entre JAMC et le dreamy souillé. RD Paradise, au ralenti, hypnotise et vocifère dans le même temps. L’opus capte l’auditeur, le capture même. Road_ise Cherubin lancine, ça le rend d’autant plus pénétrant. Son psyché dévie, doome un peu, tandis que la voix se rage. Dans la minute suivante Show Me Your Body, alerte, gicle un rock offensif. Tout s’imbrique, ici, comme à la parade. mio stars at the end, au mitan du foutoir, largue un post-punk galopant et sans courbettes. A mi-chemin, déjà, on élit Sauvageonness.
Pour ce faire DOPE, également traçant, addictif, en reverse une lampée. What to love n’en fait pas moins, on est avec Sauvageonness en terrain miné. make you so de ses ruades malades vrille à son tour, le disque étend qui plus est un panel varié mais pertinent. CRANES voit sa basse chalouper, ses guitares tisser, les vocaux virer au mutin variable. On ne s’ennuie foutrement pas, j’en veux pour preuve Rather in Harmony et sa trame shoegaze aussi rêveuse que crissant. RD Indusbeast, au début spatial, jette ensuite un parpaing au boucan opaque. Enfin et pour couronner la quatorzaine Ex Voto Ardent, sur saccades cinglées, court au mur et par là-même, sacre une série de compositions éloignées de toute forme de complaisance.

