Cabaret Fantôme est Nantais, inclassable et soigneusement planqué entre les genres et les ères. Qualifié de Dark Rock/Gothic Prog, il outrepasse ces catégories. A Better Day, après le court Hollow Sun aux accents folk étoilés, sert de son côté une forme de hard-rock d’antan, mélodique, au solo séduisant. Lyrique le morceau surprend, émaillé de plans prog’ sans ennui. AfterWards They All Cry Out Loud, après lui, rocke avec style et dans les ruades. Je pense, tantôt, à The Cult dans sa version apaisée. Le malaxage est ajusté, entre les époques se poste Cabaret Fantôme. Maison des Lumières, alerte, chante un Français expressif. Elégant comme ésotérique, le groupe trouve là une posture nouvelle. Il peut de prime abord surprendre, c’est ensuite l’attraction qui prévaut. Light Only Shines On Evil, d’étoffe soyeuse, joue des trames bluesy au chant typé. Trop retenu pour moi, toutefois, il laisse place à ce Temple Of FireFlies sous vitesse élevée. Un rock pénétrant, mélodieux mais appuyé. Et de marque, où les synthés ont la part belle.
Constitué d’aguerris des scènes nantaises et rennaises (dont Jeremy Chollet, chanteur des thrasheux d’ Hexecutor), Cabaret Fantôme détonne. Tragic Anthem, folk-pop patinée, le voit d’ailleurs reluire une nouvelle fois. Une fois de plus le décor se met en valeur, brillant et inspiré. Running Out Of Time hausse dans la foulée la cadence, hard d’époque, rock, racé à souhait. Passé l’effort d’assimilation Hollow Sun squattera les platines, au delà je l’espère de l’aspect générationnel. Il ralliera, par conséquent, de par sa modernité passée au filtre de l’ancien. I Will Be Gone, chargé de le clore, oscille entre retenue et envolées, doté d’atouts audibles. En une ultime occurrence les incartades valorisent l’ensemble, original, qui mérite sans conteste la plus grande attention.

