Allez hop septième album pour le duo devenu trio La Jungle « from Mons », dont l’arrivée d’un nouveau batteur renforce encore l’impact. Je te dis pas l’bazar, d’entrée de jeu Witches Carousel déboite sous guitares de salopard et cadence bien plus que dense. MATH:NOISE:DRUMFUL et de plans fulgurants répétés jusqu’à satiété mais en fait non car on en veut encore, le début percute sévère. Des chants-chœurs l’émaillent, l’assénant d’autant plus. Le terme défouraille, sans vergogne. Jeddah Tower, dont le début m’évoque je ne sais plus quel titre de Girls Against Boys, sur Freak on Ica je crois (ah j’y suis c’est Basstation!), se déploie avec une force comparable en se fendant de sons fusant. Ici et comme de coutume les motifs restent dans l’occiput, stellaires ou frontaux, parfois flirtant avec l’indus. On s’en remet pas, puis il y a ces sautes d’humeur rythmiques qui nous rentrent dans le lard. Sad Hill Fire Wave, dont l’entrée en matière se fait vaporeuse, dissémine une bondieuserie aussi spatiale que retentissante. Dans le dosage, dans la réitération virant à l’obsession, La Jungle est le maestro. Sabertoother, flanqué d’un chant sauvage, cimente une trame démente. Ses vagues vont et viennent, engloutissant toute forme de résistance. Un break arrive, puis la furie reprend les commandes.
Repu comme dit plus haut on en redésire, à notre rescousse se pointe Damon Heart et son exotisme-tribalisme de haute voltige. Son kraut détruit et dépaysant s’illustre, imparable. Quelques bouts de chant surviennent, où sont-ce plutôt les sonorités possédées de la clique belge? Toujours est-il que le rendu secoue, suivi d’un Cowboy Ride à la crue noisy de départ ahurissante. Riffs cinglés, tempo vif et concassé, ambiances variables font le job. Evil Legs dans la minute suivante fend le ciel et poste son fiel. La Jungle est à part, l’annoncer n’est pas un scoop, mais sa différence fait irrémédiablement mouche. Evil Legs vocalise fantaisistement, laisse ses vrilles opérer. Le Soleil, de ses rayons aveuglants, exécute une technoise qui elle aussi, bouscule l’ordre des choses. Le tout-établi en prend pour son grade, ça fait pas un pli ou plutôt si et les vocaux barjots puis vindicatifs réapparaissent. Régalade totale. J’en ai plein l’cornet, c’est alors que The Love And The Violence met sur orbite une dernière attaque qui se refuse à tenir en place. Les notes font sensation, les atmosphères se donnent le change et la force de frappe, de persuasion d’ An Order Of Things en fait un ouvrage intégralement incontournable.

©Mattias Launois
