Je la ferai pour le coup brève, la taloche administrée hier par les deux groupes à l’affiche en aura marqué plus d’un(e). Indicible, jeunes sauvageons du coin, ont ouvert le bal en ferraillant lourd, face à un public en nombre. Les pavés du quatuor, ses guitares de plomb et rythmique pachydermique sur chant beuglé ont de la gouache, il arrive que le rythme change de ton et l’impact est indéniable. Notons la présence de Bob Dumeige, également batteur chez Mega Surf, au maniement de la quatre-cordes. Il s’en tire fort bien, l’unisson de cette clique picarde s’affirme de plus en plus et son registre le distingue. Son « brutal groove » malmène la populace avec pas mal de dextérité, lui roule dessus tel un tank et le fait s’agiter. D’aucuns inventent des danses, d’autres bousculent le voisin sans le moindre geste d’excuse. Triste époque. Il n’empêche qu’ Indicible, loin de rater la cible, mérite les hourrahs. Voilà du gras de la ville, habile, frontal et de poids. La vitalité de notre scène se confirme, Indicible lui apporte force et puissance. Après 4 ans d’existence on le sent mûr, affuté, et désireux d’en découdre au point de tout envoyer valser. Mention accordée, à l’issue, pour ces fauteurs de troubles aux capacités audibles. Prochaine fois j’attrape leur t-shirt, y s’agit pas de rigoler.


Indicible
L’entracte arrive donc, j’échange vivement avec Zvetlana qui du gig en question n’a pas raté la moindre tranche. Les Réunionnais de KALDEIRA se préparent, Juju en maestro de l’endroit m’ayant repéré me tend ma traditionnelle ambrée. La Fournaise nous tombe sur la trogne, morniflée par trois êtres hargneux dont le death teinté de modernité n’est visiblement pas là pour conter fleurette. Le déferlement est nourri, une pincée d’éléments de l’île le relève avec panache. Des encarts mélodieux, brefs, font respirer le bazar. Trash et death, compact et offensif Kaldeira déflore. En trio uni il étale un répertoire sans faille, sitôt entendu sitôt approuvé. Nous en restons coi, ou presque, tant la raclée administrée nous cloue sur place. La Réunion, elle a Pamplemousse et c’est pas rien mais Kaldeira, dans sa mouvance, tutoie lui aussi l’excellence. Il évite par ailleurs -de justesse- le tout brutal, ce qui le conforte d’autant plus.


Kaldeira
Putain mazette bordel y manque encore des lights côté gauche! Pour tout bien capturer me voilà contraint de ruser, de me glisser dans les interstices, d’attendre l’opportun moment. Le jeu en vaut la chandelle, le bassiste le reluquant m’offre une grimace à la limite du psychiatrique. Kaldeira, ramassé, signe un set charpenté. Sepultura, Cannibal Corpse, les sources sont assimilées. Les insulaires crayonnent leur propre copie, fichtre mais c’est FX Marquet, de Bombtrack, aux drums! Le monde est petit mais tout de même, qu’est ce qu’y fout ici? J’avise une dame avec sur le dos un t-shirt Muse. Sacrebleu. Ca arrive, il existe même des cover bands (suck) figurez-vous! Si si. La fiesta touche à sa fin, faut dire qu’on est rassasiés. Au retour je m’envoie Prose Combat, de MC Solaar, dans le bouffe-skeuds du Scenic. Un must, lettré et inspiré. Diversité, les chapelles j’en ai rien à faire. Kaldeira a vaincu, je trace ma route et dépité, voit les deux épiceries de quartier volets clos se refuser à ma gourmandise. Ca aussi ça arrive mais qu’importe, l’enfilade de ce vendredi aura ravi le 1001 Bières…


Kaldeira
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
