Skip Danko B-Movie Road Club vient d’ Aurich, Germany. Actif depuis les 90’s, il suinte un rock frondeur que son Trippin’ On A Chinese Market relate avec pas mal d’impact. On y part à l’offensive, dès le bourru Space Shrimps et son stoner belliqueux, pour enchainer sur No Bum qui moins frontal, m’évoque le poisseux de Thee Hypnotics. Le morceau vire au bluesy, se syncope dans le vicelard. L’excellence guette, Sixteen et ses salissures sonores la réitère vivement. Il gronde, groove méchant. Le panel n’est pas figé, ce qui concourt à la valeur de l’album. Les vocaux éructent, changent de ton, l’allant de l’opus crédite aussi l’artiste. Trippin On A Chinese Market, éponyme, dépaysant et étendu, apporte une forme d’exotisme. Il lancine, s’insinue, flotte dans les cieux et se lézarde. C’est un psychotrope, sonique, entièrement ahurissant. Wet Dog, qui lui emboite le pas, trace et hurle. Grungy, alerte, il accroit la portée du tout et se fend de décors « synth » (ou cuivrés?) valables. Skip Danko B-Movie Road Club fait feu de tout son.

Sur le second volet Lullaby Me, où un sax se feutre me semble t-il, susurre et se retient dans l’urgence. Concluant. Il accélère, dévastateur. Fear River Side, alors, fait dans le ressenti. Il est beau à entendre, céleste, avant de muer en une incartade plus noisy. L’effet est réel. Sunday Jam, où s’invitent des voix de dames, fait sonner, je crois, de belles trompettes. Son atmosphère retient l’attention, sa cadence grimpe d’un cran. L’instrumentation y reluit, remarquable. La diversité de Trippin’ On A Chinese Market est un atout certain, sa fin tient en un Desert Donkey électro-spatial du plus bel acabit et qui en laissant filtrer de légères parures jazzy déviantes comme tournoyantes, termine superbement un ouvrage à la qualité supérieure.
