Fauna est un collectif international de huit musiciens basé à Göteborg, en Suède. Sa Transe psychédélique tribale dépayse, illustrée par ce Taiga Trans où les pulsations du krautrock, les rituels psychédéliques et l’énergie underground des raves se télescopent pour enfanter de nouvelles formes. Bland stenar, en premier, tribalise son monde et vaudouise l’écoutant. Déjà captivé je me flatte de la trouvaille, hébergée par les excellents Glitterbeat. En munfull sand voit les Nordiques poursuivre l’exploration, l’échappée belle, en montant sans hâte en puissance. Là encore les sons envoutent, des bribes de voix au bord de l’incantant se font entendre. Dunans torka voit les vocaux s’affirmer, dans une sarabande captivante, électro-world orientalisante du plus bel effet. D’ Altın Gün à Lalalar en passant par diverses contrées et tendances le morceau transcende, dansable jusqu’à l’aurore. FAUNA se démarque, Bland träden l’envoie dans la jungle et bourdonne, dans une transe à la Ifriqiyya Electrique. Blues du désert, malaxage osé font le sel du morceau.

A la moitié de l’ouvrage la différence est faite, accentuée par Boreala ändlösheten et son spatial hanté jonché de chants perchés. Les climats font sensation, hypnotique et énergique la mixture de FAUNA n’est semblable à aucune autre. Du ska få se trace, techno pulsante, zébré de notes bluesy sous rythme appuyé. Taiga Trans arpente le globe, vocalise dans le déviant, fait usage de nappes addictives. Varié, il présente en son terme ou presque un Frusen mossa aux relents funky-tribe plus que prenants. La cadence s’assène, leste comme pataude. Sur plus de sept minutes les tons muent, toute résistance devient alors vaine. Il incombe à Blodröda rubiner d’en finir, il s’en acquitte sur une durée là aussi poussée. Le rituel FAUNA frappe une dernière fois, acidulé, blues de là-bas. Il breake, se relance, et étale des sonorités derechef magistrales. On s’en extrait gagné, happé, émerveillé par la créativité qui caractérise l’album.
