Rien Faire faut l’écouter en foutant rien, sinon tu passes à téco (Vince dans La Haine, si tu me lis…). Il joue dit-il, une pop dada et de l’anti-rock. Soit, en tout cas y va pas droit et Le Défilé qui est troisième album évite soigneusement la piste verte. Le Chanteur en inaugure les contours, d’une mélopée faussement paisible il annonce la couleur. Ses sons vacillent, entre joyeuseté et délire bancal. Des fois trop pop, heureusement que l’écart guette. Les chants s’associent, le terme s’emporte dans une sagesse (trop peu) dégingandée. Bon ça va, on part bien malgré tout. Bol de chips, post-punk en ivresse, tangente plus ouvertement. On s’y fixe, la recette non-linéaire des lyonnais a de quoi choper. Et là mon ordi d’un coup d’un seul plante, fort heureusement le bol (de chips) ne s’est pas carapaté. Ses vocaux dévissent, Rien Faire y fait les choses comme personne. Fermer la porte envoie une chorale sage, que des notes vrillées encerclent. La nuit, au mitan, rue gentiment. Je pense, des fois, à Irnini Mons mais en moins abrupt. Sans en être sûr.
Explosion, valsant, dépayse. Trop pop, les voix polies j’aime moyen. Ca fonctionne toutefois, parce que derrière le ciel se grise. Point faible, qui n’en est pas un, use d’un minimalisme psyché et propret mais pas tant. Rien Faire, pour le définir, tu risques de n’en plus finir. Sa marelle stoppe avec Le défilé, éponyme. Young Marble Giants. Puis une incartade soutenue, songeuse et remuante, que le chant fait dévier de par ses mots loufoques. Tout seul, comme un grand. Avec Rien Faire pas à s’en faire, la pop se travestit et se plait à instaurer des abords surprenants, tantôt soumis tantôt mutins, façonnés par des Rhodaniens dont Le défilé ne se joue surtout pas en mode militaire à la « omp-dé ! » beuglé par un écervelé.

©Bruno Belleudy
