Ces deux-là, depuis le Québec, fondent sur le monde. Angine de Poitrine, soit deux hurluberlus qui vous filent la berlue en six pièces d’un Vol.II tournebouleur de sens, que précéda un Vol.I pas moins chéper. Guitares microtonales électriques : KHN de Poitrine, Batterie et percussions : Klek de Poitrine. Voilà pour l’Alliance, et voilà déjà Fabienk qui de son math exotique bourré de tics addictifs fait la nique à La Jungle en termes d’innovation. Si si, même que du chant apparait genre hyper bref en mi-morceau et fin de morceau. Les motifs se répètent, jusqu’à la dépendance. Mata Zyklek, entre Primus et le post-punk barjot, trace et désarçonne en nous emmenant dans des contrées lointaines. Les notes virevoltent, j’entends tantôt Lalalar dans cet entrelac sauvage et folichon. Sarniezz, plus ramassé mais jamais à la ramasse, n’obsèdera pas moins. Il prend la tangente, accélère, et ses vocaux déconnent comme ils détonnent. La sarabande est en marche, irrésistible.
Avec Utzp l’échappée s’étire, sans s’étioler. Quoique…avec Angine de Poitrine, la norme est sévèrement défiée. Utzp claque une valse galopante, irradiante, dont les sons et cadences collisionnent la glissière. Yor Zarad prend alors la suite, dans une fusion bigarrée. Là encore ça urge, ça breake limite funky, et l’unisson vire polisson. Angor, puisqu’on en veut encore, vient alors clore le bordel sonore. Sa frénésie s’impose, insidieuse, et les deux bonshommes de Saguenay postent dans nos écoutilles ébahies une tambouille de fripouilles, tout du long de ce Vol.II difficilement contrôlable.

©Constantin Monfilliette
