Groupe de Punk-Noise aux influences déjà-vu, Cheap Teen vient de Maisons Alfort. Son rock frénétique se pare de tendances changeantes, sa nouvelle galette a pour nom Out of Nothing. Holden Caufield la lance d’abord paisiblement, sa voix narre songeusement puis l’agitation se met en place de manière insidieuse. Des vagues cinglantes, hybrides, secouent le tout. Noise, rock chevelé et motifs récurrents se tirent la bourre. Kevin, riffant solide, dépose ensuite un rock garage aux teintes pop sous speed (du jeu). City, lui, se syncope fougueusement. Après ça il file, bien mis. Stairs, dans l’élan, tisse une pop douce autant qu’appuyée, aux voix alliées magnifiques. Le panel est large, Bad Jokes s’y glisse d’abord dans le doucereux avant de se catapulter. Out of nothing marque des points, sur ce Bad Jokes la force de frappe est nuancée comme percutée.
A quelques encablures Beach Death, en volutes brumeuses et crissantes, poste un break. On ne s’ennuie pas, Last Transmission Received From The Crew Heading To Xenion 500 (rien que ça…) propose de son côté une trame instrumentale incrustée de motifs planants. No Future, très punk-rock, déboite sans regrets. Explicite il envoie tout valser, sur une durée restreinte. Wall lui emboite le pas, aérien et sonore. Nul ne sait d’avance, à chacun de ses morceaux, où ira Cheap Teen. Wall dépayse, sa basse-batterie serpente et ses notes prennent la porte de sortie. La norme est fuie. Les ruades malmènent, la voix vire au cri. Out of nothing rafle la mise, sans aucune peine.

©Willow Adam
Sur la fin et pour valider une fois de plus le job Dirt, un brin Alice in Chains sur son amorce, suinte dans la foulée un tintamarre post-punk sauvage. Des ressacs massifs en émanent, Cheap Teen (la chanson) vient alors folker sur de la matière lo-fi/noisy à la lente élévation. Excellent. Le terme est en vue, il répond à l’appellation de Nothing et l’entendre n’est pas rien, loin s’en faut. Grunge et pas que, il marie chœurs et glissades soniques, rafales de drums et saute d’humeur finale au bord du hardcore. Cheap Teen, doué, ravit le quidam et balourde sans crier gare un album de qualité récurrente.

©Willow Adam
